Faut-il réhabiliter les espèces introduites?

Le 30 avril 2018 par Romain Loury
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Le frelon asiatique, vraiment nocif
Le frelon asiatique, vraiment nocif

Un chercheur suisse appelle à mieux intégrer les espèces introduites, pas toutes délétères pour leur nouvel écosystème, lors de l’évaluation de la biodiversité, dans un éditorial publié dans la revue PLoS Biology.

Selon Martin Schlaepfer, de l’Institut des sciences de l’environnement à l’université de Genève, «les indicateurs utilisés pour mesurer les progrès en matière de conservation reposent uniquement sur la composante ‘native’ de la biodiversité. Une partie des espèces non natives [celles qualifiées d’invasives] peuvent entraîner des effets indésirables d’un point de vue économique, social et biologique.

Or «les espèces non natives participent aussi à la biodiversité régionale, en termes de richesse spécifique et d’interactions biotiques, ainsi qu’aux services écosystémiques», ajoute le chercheur. Dans son éditorial, il appelle à ne pas négliger ces espèces introduites, afin d’aller au-delà d’une notion de biodiversité originelle qu’il juge simpliste, voire, dans de nombreux cas, très théorique.

Une dichotomie artificielle des espèces

«Dans le canton de Genève, on compte par exemple 88 espèces indigènes, alors qu’il existe 597 espèces d’arbres introduites! Une grande partie du monde naturel qui entoure les citoyens suisses est volontairement exclus des inventaires de biodiversité», ajoute le chercheur. Sans compter les nombreux services écosystémiques que peuvent rendre ces espèces introduites.

Si la plupart des espèces introduites, de longue date, en Europe, ne posent pas (ou plus) problème, rien ne dit –l’article non plus-, qu’il en est de même sur d’autres continents, et notamment dans des zones aux paysages moins modifiés par l’homme que ceux d’Europe.



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