Faut-il encore craindre le dégazage des hydrates de méthane ?

Le 03 mai 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Depuis trois décennies, au moins, les climatologues vivent dans la peur. Car, au fond des mers et dans le permafrost, sont tapies des milliards de tonnes de méthane, prêtes à s’échapper dans l’atmosphère.
 
Sous l’effet de la pression et du froid, ce méthane, produit de la décomposition d’êtres vivants, forme, avec des particules d’eau gelée, une sorte de cristal (l’hydrate de méthane), qui se dissout dès que la température s’élève ou que la pression diminue.
 
Avec le réchauffement de la température des eaux de l’océan ou de l’air arctique, les scientifiques craignent un formidable dégazage de ce puissant GES (son pouvoir de réchauffement global est 25 fois supérieur à celui du CO2) qui pourrait accélérer encore le réchauffement climatique.
 
Les volumes en jeu sont en effet considérables. Selon des estimations de géologues américains de l’USGS, le fond des mers pourrait abriter l’équivalent de 10.000 gigatonnes de carbone: le double du gaz, du pétrole et du charbon extractibles de la planète!
 
Pour en avoir le cœur net, une équipe de l’institut de recherche de l’aquarium de Monterey Bay (Etats-Unis) et de l’institut d’océanographie de Qingdao (Chine) a réalisé des mesures in situ, grâce à un sous-marin de poche, dans plusieurs gisements situés au large de la Colombie britannique, de l’Oregon et de la mégapole de Los Angeles.
 
Publiés dans Geophysical Research Letters, les résultats de leurs prélèvements sont… rassurants. Selon l’équipe dirigée par le chimiste Peter Brewer, l’eau située à proximité immédiate des gisements d’hydrates de méthane est sursaturée en méthane. Ce qui tend à prouver, estiment les scientifiques, que le méthane s’échappant de sa gangue de glace se dissout dans l’eau des grandes profondeurs, sans remonter à la surface.
 
Ross Chapman, géophysicien à l’université de Colombie britannique (Canada), estime que ce GES dissous pourrait être rapidement dégradé par les bactéries marines. Bonne nouvelle, donc, mais qui ne règle en rien le problème posé par les hydrates de gaz stockés par les sols gelés russe et canadien…


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