Faune sauvage: les chasseurs confortés comme sentinelles sanitaires

Le 19 mars 2015 par Romain Loury
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Une détection précoce des maladies animales
Une détection précoce des maladies animales
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Dans une convention signée avec la Fédération nationale des chasseurs (FNC), le ministère de l’agriculture souhaite «renforcer l’implication» des chasseurs dans la surveillance sanitaire de la faune sauvage. Dans l’immédiat, rien de neuf si ce n’est mieux formaliser des dispositifs existants.

Si cette surveillance par les chasseurs n’est pas nouvelle, «nous sommes de plus en plus sollicités par les autorités, cela devient récurrent», explique le Dr Eva Faure, vétérinaire à la FNC, contactée par le JDLE. Si bien que la loi d’avenir pour l’agriculture, promulguée en octobre 2014, mentionne que les chasseurs sont désormais «tenus, pour ce qui concerne la faune sauvage ou les espèces de gibier dont la chasse est autorisée, de réaliser ou de faire réaliser les mesures destinées à la prévention, la surveillance et la lutte que la réglementation leur impose» quant aux maladies animales.

Invité mercredi 18 mars à l’assemblée générale de la FNC, le ministre de l’agriculture, Stéphane Le Foll, y a signé une convention cadre de partenariat 2015-2019 avec la FNC, qui prévoit notamment «le renforcement de l’implication des acteurs cynégétiques dans la surveillance sanitaire». «Cela formalise ce qui existait déjà, cela constitue une vraie reconnaissance» de notre rôle, se réjouit Eva Faure.

«Depuis toujours, la surveillance sanitaire fait partie de l’acte de chasse», ne serait-ce que pour s’assurer que la viande consommée soit propre à la consommation, rappelle la vétérinaire. Raison pour laquelle les fédérations de chasse et l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) ont mis en place, en 1986, le réseau Sagir.

Grippes aviaires, tuberculose bovine, etc.

Entre autres objectifs, ce dispositif, qui repose principalement sur des chasseurs volontaires, des techniciens des fédérations départementales et des agents de l’ONCFS, vise à détecter précocement l’apparition de maladies dans la faune sauvage. En particulier, celles susceptibles de s’étendre aux animaux d’élevage, voire à l’homme, comme la grippe aviaire H5N1

Dans les traces de Sagir, le ministère de l’agriculture a mis en place en 2011 le réseau Sylvatub, réservé à la tuberculose bovine, dont la France est officiellement indemne, mais qui persiste dans le sud-ouest et en Côte-d’Or.

Face à des lésions suspectes sur un animal abattu, le chasseur peut adresser un signalement à sa fédération départementale ou à la FNC, à l’ONCFS ou à la direction département de la cohésion sociale et de la protection des populations (DDCSPP), voire directement au laboratoire départemental vétérinaire ou à un vétérinaire libéral, explique Eva Faure.

La FNC dispose par ailleurs d’une sérothèque d’échantillons sérologiques ou de rate prélevés sur du grand gibier, issus d’«une trentaine de départements volontaires», ajoute la scientifique. Une banque de données à laquelle les autorités sanitaires ont déjà recouru suite à la survenue d’une maladie dans un élevage, afin d’évaluer si elle préexistait dans la faune sauvage.



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