Faune: hausse de la mortalité de masse

Le 13 janvier 2015 par Romain Loury
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L'astérie, dernière victime de la mortalité de masse
L'astérie, dernière victime de la mortalité de masse
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Chez les animaux, les épisodes de mortalité de masse sont à la hausse depuis plusieurs décennies. Pour les oiseaux, les poissons et les invertébrés, ils semblent même faire de plus en plus de victimes, révèle une étude américaine publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (Pnas).

Exemple en cours, celle qui touche les étoiles de mer sur les côtes nord-américaines, probablement liée à un virus récemment identifié (voir le JDLE). Que ce soit en termes de fréquence ou d’ampleur, on en sait au final assez peu sur ces évènements, qui touchent une à plusieurs espèces, indépendamment de l’âge des individus.

Analysant la littérature scientifique, l’équipe de Stephanie Carlson, de l’université de Californie à Berkeley, s’est penchée sur 707 de ces épisodes survenus depuis la fin du XIXème siècle, touchant un total de 2.407 espèces animales. Premier constat, leur fréquence semble s’être accrue depuis les années 1940.

Deuxième observation, leur ampleur est en hausse chez les oiseaux, les poissons et les invertébrés, avec de plus en plus d’individus décimés à chaque nouvel épisode. A l’inverse, elle demeure globalement inchangée chez les mammifères, et aurait même tendance à diminuer chez les reptiles et les amphibiens.

Les maladies, première cause

Est-ce pour autant un signe encourageant pour ces derniers? Pas forcément, estiment les chercheurs: des épisodes de moins en moins meurtriers pourraient au contraire indiquer que ces espèces sont d’ores et déjà en danger. A l’inverse des oiseaux, des poissons et des invertébrés, qui comptent moins d’espèces menacées, selon la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

Lundi 12 janvier à Bonn (Allemagne) a commencé la troisième session de la plénière de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES). Créée en avril 2012, regroupant 123 pays, elle a pour but d’aider les Etats à protéger leur biodiversité, et à reconnaître les services qu’elle rend.

Pour l’ensemble des taxons, les maladies sont liées à 26,3% des épisodes. Elles sont suivies par les causes climatiques (temps, stress thermique, manque d’oxygène dans l’eau, pénurie alimentaire), qui expliqueraient 24,7% d’entre eux, puis par des contaminations humaines de l’environnement (19,3%), puis par la biotoxicité, notamment des algues (15,6%).

Si les chercheurs peinent à se prononcer pour l’avenir, celui-ci ne réserve rien de très joyeux. «Il est possible que les maladies infectieuses et la biotoxicité des algues, associées aux changements climatique et d’usage des sols, pourraient augmenter les épisodes de mortalité massive, qui ne resteront plus de simples perturbations chroniques du système naturel», concluent-ils.



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