Fauchage de vignes OGM de l’Inra: un procureur clément

Le 03 octobre 2011 par Célia Fontaine
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Du 28 au 30 septembre dernier s’est tenu devant le tribunal correctionnel de Colmar le procès des 60 faucheurs volontaires qui avaient, en août 2010, attaqué des plants de vignes transgéniques appartenant à l’Institut national de la recherche agronomique (Inra). Ils sont poursuivis pour délit de fauchage et violation de domicile, et le jugement a été mis en délibéré au 14 octobre prochain.
 
Le procureur Philippe Vannier n’a pas été trop sévère. Il a requis contre les faucheurs récidivistes une peine de 100 jours-amende à 20 euros, et pour les autres « désobéisseurs civils », au casier judiciaire vide, trois mois de prison avec sursis.
 
La défense a mis en avant le caractère légitime de ces fauchages, rappelant le danger lié au caractère irréversible des OGM et aux tests en plein air, ce qui a, selon elle, justifié l'état de nécessité. L’Inra, propriétaire des vignes saccagées, estime pour sa part le préjudice moral et matériel à 550.000 €.
 
Pour rappel, le 15 août 2010, 70 porte-vignes génétiquement modifiés en phase d’expérimentation avaient été saccagés. Selon l'Inra, les risques sanitaires et environnementaux n'existent pas sur cet essai de plantes qui ont été modifiées pour accroître leur résistance au court-noué, une maladie de la vigne qui frappe les deux tiers des vignobles français. L’Institut évoque les conditions strictes prévues pour éviter tout risque de dissémination des gènes.
 
En s'attaquant à «ce travail de la recherche publique» (la commercialisation n’était pas en vue), les faucheurs empêcheraient l’Inra de «déterminer, en toute indépendance, la pertinence et les risques éventuels de ce type de technologie dans la lutte contre le court-noué », avait estimé l’Institut à la suite des événements (voir le JDLE).
 
«Nous ne travaillons pas pour produire des variétés de vignes OGM, mais pour produire de la connaissance sur un mécanisme de défense naturel et l’impact éventuel des transgènes présents dans les racines sur l’environnement. Or, sans cet essai, cette expertise scientifique indépendante nous manquera cruellement pour évaluer, par exemple, l’efficacité ou les impacts sur l’environnement de vignes OGM qui ne manqueront pas d’être conçues par des laboratoires à l’étranger. En détruisant notre essai, les anti-OGM se tirent un peu une balle dans le pied», selon Olivier Lemaire, chercheur en virologie végétale (voir le JDLE).
 
En septembre 2009, les 70 plants de ce même laboratoire avaient déjà été sectionnés par un militant, Pierre Azelvandre. Celui-ci a été condamné en janvier dernier par la cour d'appel de Colmar à un mois de prison avec sursis et plus de 50.000 € de dommages et intérêts à verser à l'Inra (voir le JDLE).
 


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