Farines animales : le « oui, mais » du Parlement européen

Le 13 juillet 2011 par Romain Loury
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Le Parlement européen se montre favorable à une réintroduction des farines animales dans l’élevage, mais s’inquiète d’un assouplissement des contrôles sur l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), dans une résolution publiée lors de sa dernière séance plénière.
 
2.167 en 2001, 67 en 2009 : la baisse du nombre de cas d’ESB dans l’UE incite la Commission européenne à assouplir le contrôle de la maladie. Dans une feuille de route publiée en juillet 2010, elle propose ainsi une réintroduction partielle des farines animales, dans l’aquaculture, l’élevage de volaille et de porcs. Une position récemment reprise en France par le Conseil national de l’alimentation (CNA) (voir le JDLE).
 
«Eu égard notamment au déficit actuel de l’UE en protéines» [1], le Parlement européen se dit favorable à cette évolution, mais en rappelle les garde-fous : «cannibalisme» interdit, exclusion des ruminants, farines provenant uniquement d’espèces dénuées d’encéphalopathie spongiforme transmissible (EST).
 
Il se montre en revanche «préoccupé» quant à d’autres assouplissements du contrôle anti-ESB. Notamment le relèvement de l’âge minimal pour le dépistage des bovins : en juin, la Commission a décidé de le faire passer de 48 à 72 mois pour les animaux abattus dans des conditions normales.
 
Cet âge reste de 48 mois pour les animaux à risque (abattage d’urgence, signes de la maladie) [2]. Une limite que le Parlement demande à la Commission de maintenir, car elle constitue «un élément essentiel permettant de suivre l’évolution des cas d’ESB dans l’UE».
 
«Il est important de veiller à ce que la baisse significative des cas d’ESB dans l’UE ne conduise pas à un assouplissement des mesures ou à une réduction des mécanismes de surveillance et de contrôle stricts mis en place dans l’Union», juge le Parlement. Un avis qui l’a poussé à rejeter une autre tentative de la Commission, qui visait à réduire les fonds alloués à la recherche sur les EST.
 
[1] Argument majeur des partisans des farines, le fait que les éleveurs européens doivent recourir à des tourteaux de soja américains, souvent de type OGM, comme source de protéines.
 
[2] Cette mesure de relèvement concerne 22 pays européens. La République Tchèque, la Slovaquie, la Pologne, la Roumanie et la Bulgarie demeurent soumises au règlement n°99/2001, avec un âge de 30 mois pour les animaux sains abattus et de 24 mois pour ceux considérés à risque.


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