Fabriquer des jeans nuit gravement à la santé

Le 03 mars 2011 par Geneviève De Lacour
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Le sablage des jeans tue. Pour obtenir le jean à l’aspect «vintage» très à la mode, l’industrie textile emploie un procédé mortel pour les travailleurs: le sablage. En deux ans, sur 10.000 travailleurs du jean, la Turquie a comptabilisé 47 morts. Au total, 5000 ouvriers turcs sont atteints par la maladie et 1300 sont silicosés. En Chine, l’industrie textile pollue l’environnement et les hommes.

 

Pour obtenir ce petit côté délavé tellement apprécié par les consommateurs, l’industrie textile utilise une méthode de projection de sables sur le tissu. Le sable qui est très peu onéreux contient de la silice cristalline dont les effets sur les voies respiratoires de l’ouvrier sont désastreux. Les poussières de silice, très toxiques pour les poumons, provoquent une forme aigüe de silicose. En Europe, le calibrage du sable utilisé pour le sablage industriel est réglementé. Il ne peut contenir plus de 1% de silice cristalline. Mais celui utilisé pour le sablage des jeans peut en contenir jusqu’à 80%. Certains ouvriers turcs ont développé la maladie au bout de trois mois d’exposition. La technique a été bannie en Turquie en 2009 mais d’autres pays comme le Bengladesh, le Cambodge, le Mexique et la Chine l’utilisent encore. Le collectif «Etique sur l’étiquette» estime que plusieurs dizaine de milliers d’ouvriers seraient exposés à ce risque dans le monde. Des ouvriers qui parfois dorment sur les lieux de production et dont le temps d’exposition dépasse donc le temps de travail, celui-ci étant déjà très long.

Regroupant une vingtaine d’associations de solidarité internationale, de collectivités territoriales et de syndicats, dont Oxfam France, la CFDT, SSFD, Peuples Solidaires et l'Ufolep, le collectif a mené une action le 2 mars devant les grands magasins parisiens, l'’idée étant d’alerter sur les conséquences d’un tel procédé en interpelant sept enseignes qui commercialisent des jeans sablés (Promod, Kookaï, Pimkie, Leclerc, Carrefour, Auchan, Casino). Levis et H&M ont quant à eux récemment pris la décision de bannir les jeans sablés de leur vente. «Ethique sur l’étiquette» aimerait interdire l’importation des jeans délavés par sablage.

L’industrie textile est définitivement sur la sellette environnementale. En décembre 2010, Geenpeace a publié un rapport sur les conséquences environnementales de l’industrie du jean en Chine. Dans la province du Guangdong, le chiffre d’affaires de la production annuelle du fameux pantalon est estimé à 3 milliards d’euros. Xintang, ville de 215.000 habitants comprend 500.000 travailleurs migrants et 4000 entreprises. En 2008, la ville a produit 260 millions de jeans, soit 60% de la production totale de la Chine et 40% des jeans vendus aux Etats-Unis. Mais l’impression et la teinture de ces vêtements polluent massivement larivière. Des métaux lourds tels que le chrome, le cadmium, le mercure, le plomb et le cuivre sont rejetés via le réseau d’eaux usées vers les eaux de surface. A Xintang, comme en Turquie, les ouvriers fabriquent des jeans délavés. Dans le rapport de Greenpeace, Lin Zhixin, un travailleur migrant du Sichuan témoigne: “Tout le monde dit que les gens qui travaillent dans la teinture et le délavage ont des problèmes de reproduction et de fertilité. Mon cousin a déjà travaillé dans une usine de teinture. Il est mort d’une pleurésie“.



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