Fabriquer de l’eau potable avec des eaux usées traitées?

Le 04 mars 2016 par Marine Jobert
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Eau potable.
Eau potable.
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Même traitées, les eaux usées sont chargées en polluants. Peut-on tout de même les déverser dans une retenue d’eau qui servira à ‘fabriquer’ de l’eau potable? Oui, répond l’Anses, mais pas dans n’importe quelles conditions.

Une commune touristique. Des épisodes de sécheresse de plus en plus fréquents. Un manque récurrent d’eau potable. Comme de nombreux départements français, la Vendée connaît régulièrement des déficits d’eau, qui fragilisent la production d’eau potable. Entre 2003 et 2009, près de 100.000 Vendéens ont été concernés à trois reprises par un risque élevé de rupture d’alimentation. Le département multiplie les solutions techniques: rehausse de barrages, stockage dans des carrières, dessalement d’eau de mer… les idées ne manquent pas. La dernière à l’étude consiste à relier, via une canalisation de 19 kilomètres, une station de traitement des eaux usées à une retenue d’eau servant à alimenter une filière de production d’eau destinée à la consommation humaine.

Une option qui implique des aléas sanitaires dont l’Agence nationale de la sécurité sanitaire, l’alimentation, l’environnement et le travail (Anses) s’est autosaisi. Dans une note d’appui technique et scientifique, elle détaille la méthode pour parvenir à produire une eau potable de qualité satisfaisante avec cette technique qui a des adeptes dans des pays déjà marqués par les épisodes de sécheresse ou des difficultés d’approvisionnement[1].

Polluants chimiques

L’Anses rappelle que «même après traitement, les eaux usées contiennent des polluants chimiques (minéraux et organiques) dont certains sont potentiellement toxiques pour l’homme, ainsi que des micro-organismes pathogènes à des concentrations supérieures à celles mesurées généralement dans les rivières ou retenues destinées à une prise d’eau en vue d’une alimentation en eau destinée à la consommation humaine». L’agence alerte sur les risques d’accumulation de ces polluants chimiques, plus ou moins persistants, dans la chaîne alimentaire.

Tourisme

Une situation potentiellement aggravée en Vendée par l’afflux de touristes pendant l’été, ce qui implique des rejets soumis à forte variabilité saisonnière. En outre, des concentrations élevées en chlorures «suggèrent des infiltrations d’eau de mer ou d’eaux saumâtres liées à un mauvais état du réseau d’assainissement». Le bon état écologique de l’eau n’est pas atteint, le schéma d’assainissement et de gestion des eaux (Sage) du secteur faisant l’objet d’une dérogation. La retenue dans laquelle seraient déversées les eaux usées traitées étant utilisée pour des activités de loisirs implique des risques sanitaires qui restent à évaluer, estime l’agence.

Polluants émergents

Sans entrer dans trop de détails propres à la situation locale, l’Anses formule un certain nombre de recommandations. Notamment concernant les connaissances à produire sur la qualité des eaux en sortie de station d’épuration, dans la retenue et au prélèvement de l’eau brute. Les exigences classiques en matière de qualité de l’eau devront être respectées, en y incluant les polluants émergents.

 



[1] Australie, Etats-Unis, Namibie, Inde, Grande-Bretagne, Singapour.

 

 



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