Exposition aux contaminants: un projet européen pour harmoniser

Le 07 mars 2012 par Romain Loury
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L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) va coordonner un projet européen, TDS_EXPOSURE [1], visant à harmoniser l’évaluation de l’exposition aux contaminants provenant des aliments.

Si la France a déjà conduit deux grandes études d’exposition aux contaminants -dont les résultats de la dernière, EAT2, ont été publiés en juin 2011-, 12 pays de l’Union européenne n’en ont mené aucune à ce jour. Quant aux 15 autres, les méthodes utilisées divergent tellement qu’elles rendent difficiles les comparaisons d’un pays à l’autre.

«Il est indispensable que les études nationales soient comparables entre elles: à l’heure actuelle, on ne sait pas si les Tchèques sont plus ou moins exposés que les Français à tel ou tel contaminant», constate Jean-Luc Volatier, adjoint au directeur de l’évaluation des risques de l’Anses. Un vide que devra combler TDS_EXPOSURE, dont le but est d’harmoniser les études nationales et de créer une base de données européenne.

D’un coût de 7,58 millions d’euros -dont 5,97 M€ financés par le 7e programme-cadre de recherche et développement (PCRD)-, ce projet de 4 ans (2012-2016) réunit 26 partenaires de 19 pays européens, membres ou non de l’UE –on y compte notamment la Suisse, la Norvège, l’Islande, la Croatie et la Turquie [2].

Autre intérêt de l’harmonisation, faciliter l’évaluation des risques, en comparant l’exposition aux contaminants aux différences d’incidence des maladies d’un pays à l’autre. Ces données d’exposition pourront aussi être liées à l’imprégnation par les contaminants (biomonitoring), objet d’un autre projet européen, COPHES.

Selon Jean-Luc Volatier, TDS_EXPOSURE constitue une «prolongation du travail» publié en novembre 2011 par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa), l’Organisation mondiale de la santé et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), appelant à harmoniser cette évaluation (voir le JDLE).

«Une fois que l’on aura trouvé suffisamment d’accords sur les méthodes», il s’agira de les tester dans le cadre d’une étude-pilote, menée dans 5 pays (Allemagne, Finlande, Islande, Portugal et République tchèque) sur quelques contaminants, explique Jean-Luc Volatier.

Si ce projet l’a emporté sur les trois autres ayant postulé au 7e PCRD, c’est parce que «la TDS française est assez bien appréciée pour son niveau de détail et sa représentativité», croit-il savoir. Un modèle proche de celui utilisé aux Etats-Unis par la Food and Drug Administration (FDA).

[1] TDS pour Total Diet Study, en français EAT (Etude de l’alimentation totale).

[2] Parmi les 26 partenaires du projet figurent 10 centres de recherche, 6 agences chargées de la sécurité des aliments, 5 universités, 4 instituts nationaux de santé publique et une PME. La liste complète peut être consultée ici.



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