Explosion des ventes de vin bio en 2010

Le 24 janvier 2012 par Geneviève De Lacour
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Le vin issu de l'agriculture biologique est en pleine progression en France. En termes de ventes, le secteur a gagné 8% en un an pour atteindre 322 millions d'euros, soit un peu moins de 10% du marché de l'ensemble des produits biologiques en France (3,4 milliards d'euros en 2010). Son potentiel apparaît élevé si l'on considère que, si 53% des Français (selon un sondage Ipsos) n'achètent pas ce vin, c’est uniquement par manque d'habitude.

Avec 50.116 hectares pour 3.898 producteurs (fin 2010), le vignoble vert hexagonal, tiré par le Languedoc-Roussillon (16.462 ha) et la région Provence-Alpes-Côte d’azur (11.209 ha), représente 6% de l'ensemble du secteur. Au niveau mondial, le vignoble français se classe au troisième rang, derrière l'Espagne (57.232 ha) et l'Italie (52.273 ha), mais devant les Etats-Unis (11.448 ha) ou l'Asie (2.424 ha).

Depuis 2010, «nous avons atteint les objectifs du Grenelle de l’environnement pour 2012, se félicite le président de l'Association interprofessionnelle des vins biologiques du Languedoc-Roussillon (AIVB-LR), Thierry Julien. Il y a une explosion des conversions au bio (+28%)».

Le plus fort taux de conversion se situe en Poitou Charentes (+87%), en Aquitaine (+63%), en Champagne (+59%) et cela «sans sacrifier à la quantité et à la qualité», assurent des précurseurs du bio, comme Dominique Pons à Saint-Nazaire (Gard) ou Rémy Soulié à Saint-Chinian (Hérault).

«Il est vrai qu'aujourd'hui, les vignerons sont encouragés à produire bio, ce qui n'était pas le cas dans le passé. On m'a traité de fou, de marginal. La chambre d'agriculture faisait barrage, la banque refusait de me prêter de l'argent», se souvient Dominique Pons, fier d'arborer sa médaille de pionnier.

«Avant l'arrivée des désherbants dans les années 1950-1960, tout le monde faisait du bio. Sans le savoir. Avec les produits, on a eu la possibilité de produire plus en travaillant moins. Je n'ai pas cédé même si on m'a dit que je retournais 50 ans en arrière. Et aujourd'hui, j'ai des terres qui n'ont connu ni les pesticides ni les insecticides», renchérit le vigneron de l’Hérault.

«On a voulu que mon grand-père, Pierre, mette des engrais sur ses vignes. Il a été viré de sa coopérative. Mais il voulait faire du vin avec du raisin», complète Julien Guillot. Son père, Alain, président de la Fédération nationale de l'agriculture biologique, a imposé le logo AB.

Julien Guillot, qui est à la tête du vignoble du Mayne, à Cluny (Saône-et-Loire), et qui se revendique comme le plus ancien domaine bio en France (1954), vend partout dans le monde: Australie, Etats-Unis, Japon... et se réjouit de voir l'intérêt se développer en France. «C'est à cause des scandales alimentaires, à commencer par celui de la vache folle», estime-t-il.

«La plupart des très grands vins français proviennent de la culture bio mais ils ne communiquent pas sur cet aspect», affirme de son côté le président de l'association interprofessionnelle des vins biologiques du Languedoc-Roussillon.

 



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