Exploration des fonds marins: les ONG réclament transparence et rigueur

Le 30 juillet 2018 par Stéphanie Senet
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
Entre Hawaï et le Mexique, la zone de fracture de Clarion-Clipperton aiguise les appétits
Entre Hawaï et le Mexique, la zone de fracture de Clarion-Clipperton aiguise les appétits

Alors que l’Autorité internationale des fonds marins (ISA) a clos son assemblée annuelle le 27 juillet à Kingston (Jamaïque), une coalition d’ONG déplore son manque de transparence et d’évaluation des impacts des expérimentations sur l’environnement.

Très attendu, le projet de plan stratégique de l’ISA pour la période 2019-2023 a été présenté, le 25 juillet, par son secrétaire général, le Britannique Michael Lodge. S’il fait état d’un «processus de consultation ouvert», une cinquantaine d’ONG craignent que celui-ci ne reste lettre morte. Réunies au sein de la Deep Sea Conservation Coalition (DSCC), elles appellent l’ISA à lancer «un vaste débat public sur l’ouverture de l’océan profond à l’exploitation minière», alors que l’Autorité est en train d’élaborer les règles de l’exploitation commerciale en haute mer de minerais tels que le cuivre, le nickel, le cobalt et le manganèse. Des règles d’autant plus importantes qu’elles s’appliqueront avant la conclusion du traité onusien visant à protéger la biodiversité en haute mer, dont les négociations ne démarreront pas avant le mois de septembre.

 

Réunions à huis clos

«Si les réunions du conseil et de l’assemblée de l’ISA sont diffusées en direct sur internet, la puissante commission juridique et technique tient toujours ses réunions à huis clos. Par ailleurs, elle ne dispose toujours pas de comité scientifique, contrairement à la plupart des organisations internationales environnementales», observe Duncan Currie, conseiller juridique de la DSCC.

Clarion-Clipperton en ligne de mire / Selon une étude menée par l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer), la zone de fracture de Clarion-Clipperton, l’une des plus riches en nodules polymétalliques de la planète, compte aussi une biodiversité exceptionnelle. Avec des populations d’espèces marines deux fois plus importantes que la normale. Mais elle aiguise les appétits des industriels, avec 34 milliards de nodules, dont environ 340 millions de tonnes de nickel, et 275 Mt de cuivre, sur une surface de 9 millions de kilomètres carrés.

 

Evaluation des impacts sur l’environnement

La DSCC s’inquiète en particulier des impacts sur l’environnement des premiers essais d’équipements miniers commerciaux prévus, début 2019, par la société belge Global Sea Mineral Resources. L’exploitant bénéficie notamment de permis d’exploration de nodules polymétalliques dans la zone Clarion-Clipperton, entre l’archipel d’Hawaï et le Mexique (cf. encadré). Au total, 28 contrats d’exploration ont été délivrés dans le monde, couvrant environ 837.000 kilomètres carrés des fonds marins des océans Pacifique, Atlantique et Indien. Pour l’heure, l’ISA a mis en ligne des lignes directrices visant l’évaluation des impacts de tout projet sur l’environnement.

«Il est crucial que des procédures efficaces soient mises en œuvre et que les règlementations environnementales soient respectées. Mais rien ne garantit que le conseil et l’assemblée y parviendront», s’inquiète Matthew Gianni, cofondateur de la DSCC.

 

‘No-mining zones’

Résultat de trois ans de travaux, une étude publiée le 11 juillet dans la revue Science préconise de cartographier des zones interdites à toute exploration ou exploitation minières en raison des dangers pour les espèces et les habitats marins. Une analyse directement adressée à l’ISA, qui pourrait mettre en œuvre les 18 critères de sélection de ces ‘no-mining zones’.

 

 

 



Sites du groupe
Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus