Exploitation minière: l’Académie des sciences prône une relance

Le 12 juillet 2018 par Romain Loury
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Du vent, mais aussi des métaux rares
Du vent, mais aussi des métaux rares

Afin d’alimenter la transition énergétique, gourmande en métaux, les académies nationales des sciences et des technologies appellent à une relance de l’exploitation minière en France, dans un rapport publié lundi 9 juillet.

C’est la face cachée des énergies renouvelables: les métaux rares. L’extraction de ceux-ci est concentrée dans un petit nombre de pays, en particulier la Chine pour la classe des terres rares (95% de la production mondiale). Outre les problèmes que cela pose en termes de prix et de disponibilité, l’extraction présente une forte empreinte environnementale, avec des sols et des eaux durablement pollués.

La France a un incroyable talent

Pour les académies des sciences et des technologies, la France a sa carte à jouer. Elle possède d’importantes ressources en la matière, et pas que du nickel de Nouvelle-Calédonie: le Massif central, mais aussi le Massif armoricain, les Alpes et les Pyrénées, regorgeraient de lithium, de cuivre, de plomb, de zinc, de samarium, de tantale, de niobium, de béryllium, d’antimoine et de tungstène.

Sans oublier les gisements sous-marins (nodules polymétalliques, encroûtements de manganèse, sulfures hydrothermaux): avec son domaine maritime, le deuxième plus grand après celui des Etats-Unis, la France en est fort bien dotée.

Offre et demande en tension

Or selon les deux académies, il existe un hiatus entre production quasi-inexistante -à l’exception du nickel néo-calédonien-, ressources abondantes et transition énergétique, inéluctable mais très gourmande en métaux lourds.

Exemple pour le lithium: la production mondiale actuelle (41% Australie, 34% Chili) est de 31.000 tonnes par an, alors que les seuls besoins français s’élèveraient à 46.000 tonnes par an -pour la construction chaque année de deux millions de véhicules électriques.

Mieux cartographier

Les deux académies recommandent dès lors «l’établissement d’une cartographie complète de ces ressources, et soulignent la nécessité de définir, en préalable à toute exploitation minière possible, des stratégies industrielles au cas par cas, afin que la France puisse tirer un avantage économique de son engagement dans la transition énergétique».

Pour cela, elles invoquent le concept de «mine responsable», mis en avant par les défenseurs d’une relance minière, mais qui, pour l’instant, relève plus de l’idéal que d’une réalité. D’autant que l’exploitation passée, que ce soit à Salsigne (Aude) ou dans les Cévennes gardoises, n’a pas laissé que de beaux restes dans l’Hexagone. Raison pour laquelle les projets en cours rencontrent de fortes oppositions locales, ce que les académies, qui ne s’attardent pas sur le sujet, écartent pudiquement tels de «nombreux freins sociétaux».



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