Expérimentation animale: le Parlement UE moins sévère que prévu

Le 11 mai 2009 par Sabine Casalonga
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Mardi 5 mai, le Parlement européen a adopté en première lecture un projet de révision de la directive de 1986 (1) visant à limiter le recours à l’expérimentation animale sans trop pénaliser toutefois la recherche médicale.

Le texte prévoit de réduire «au minimum» le nombre d’animaux utilisés dans l’UE à des fins de recherches scientifiques -environ 12 millions chaque année- et de soumettre les projets de tests à une évaluation éthique obligatoire. Le projet, bien que fondé sur le rapport de l’eurodéputé britannique Neil Parish (PPE-DE), y apporte plusieurs amendements visant à assouplir les interdictions de tests animaux, car le Parlement souhaite ne pas pénaliser la recherche européenne au profit de ses concurrents américains ou asiatiques.

L’usage des grands singes serait donc interdit sauf dans le cadre d’expérimentations ayant pour but la conservation de ces espèces. En revanche, le recours à d’autres espèces de primates (macaques, ouistitis) serait autorisé pour tous les projets de recherche et non pas seulement pour certaines maladies sévères. D’autres mesures ont également été prises dans le but de promouvoir davantage les méthodes alternatives à l'expérimentation animale.

Un accord avec le Conseil n’ayant pu être trouvé avant les élections européennes de juin, il reviendra au Parlement nouvellement élu de confirmer ou de modifier le vote avant d’engager les négociations avec les Etats membres. Le Parti populaire européen (PPE-DE) s’est félicité de ce vote qui permet de «répondre à la réalité de la recherche biomédicale et aux besoins des patients tout en améliorant le bien-être animal». «Dans certains cas, les solutions alternatives n'existent pas et nous obligent à recourir à l’expérimentation animale (…), c’est le cas pour les maladies neurodégénératives, comme la maladie de Parkinson et la maladie d'Alzheimer, ainsi que pour la recherche sur les vaccins» souligne ainsi l’eurodéputée française Françoise Grossetête.

Le parti Vert européen juge en revanche que le Parlement a échoué à améliorer la législation sur la protection animale. «Les règles d’autorisation ne s’appliqueront plus qu’aux expériences classées ‘modérées’ et ‘sévères’ en terme de stress et de douleurs pour l’animal, (…) les autres tests recevant carte blanche», déplore ainsi Caroline Lucas, vice-présidente du groupe de protection animale au Parlement.

(1) Directive 86/609/CEE du 24 novembre 1986 relative à la protection des animaux utilisés à des fins expérimentales ou à d'autres fins scientifiques


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