Exelon ferme deux centrales nucléaires déficitaires

Le 03 juin 2016 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Malgré un taux de disponibilité supérieur à 90%, Clinton devrait fermer.
Malgré un taux de disponibilité supérieur à 90%, Clinton devrait fermer.
Exelon

L’électricien de Chicago dit avoir besoin de subvention pour équilibrer ses comptes.

Les marchés ouverts de l’électricité ne pardonnent pas. Jeudi 2 juin, Exelon a annoncé la fermeture anticipée de deux centrales nucléaires pour cause de non-rentabilité financière. La nouvelle a de quoi surprendre. Situées dans l’Etat de l’Illinois, Clinton (1.000 MW) et Quad Cities (1.800 MW) sont autorisées à fonctionner, respectivement, jusqu’en 2026 et 2032. Et la Nuclear Regulatory Commission (NRC, le gendarme du nucléaire américain) n’a pas signalé de problèmes rédhibitoires sur les trois réacteurs.

Chute des prix de gros

C’est la faute du marché régional de l’électricité, le Midcontinent Independent System Operator (Miso). Regroupant le quart des Etats américains et la province canadienne du Manitoba, le Miso gère les lignes de transport d’électricité, assure l’équilibre entre production et consommation de courant et établit les prix de l’électron. Sous la poussée des énergies renouvelables et surtout du gaz (pas toujours conventionnel), les prix de gros du Miso se sont effondrés ces derniers mois. En moyenne, ils étaient inférieurs à 25 dollars (22 €) le mégawattheure durant le premier trimestre 2016: deux fois moins qu’au début de 2015. A ce prix-là, estime Exelon, le nucléaire vend en dessous de ses prix de revient. Et c’est tout le problème d’Exelon. Dans un communiqué publié jeudi, l’électricien de Chicago affirme que ces deux centrales ont déjà perdu 800 M$ (705,4 M€) depuis 2009.

Bras de fer

Un espoir: le parlement de l’Illinois pourrait proroger l’Illinois Power Agency Act (IPAA), une loi subventionnant les énergies free carbon. Voté en février 2015, ce texte alourdit le montant moyen de la facture de 2 $ par mois pour soutenir les énergies renouvelables mais aussi le nucléaire. Ainsi, Exelon a pu capter l’essentiel des 300 M$ (264,5 M€) de subventions ainsi levées. Les Congressmen ayant ajourné, fin mai, les discussions portant sur ce texte, Exelon a choisi de fermer ses centrales plutôt que d’attendre l’issue de la prochaine session parlementaire. Ce choix n’est pas irrévocable, a laissé entendre l’un des porte-parole de la compagnie. Le principal exploitant de centrales nucléaires américain dispose d’un délai d’un mois pour officialiser sa décision auprès de la NRC. Message subliminal: les parlementaires ont encore 4 semaines pour proroger l’IPAA.

L’an passé, l’électricien de Louisiane, Entergy, a fermé sa petite centrale nucléaire de Vermont Yankee. Toujours pour non-rentabilité. Selon l’association mondiale de l’énergie nucléaire, une dizaine d’autres centrales du nord-est des Etats-Unis pourraient connaître un sort semblable. Le nucléaire américain ne peut-il plus se passer de subvention?



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