Exclusif: les Américains veulent s’engager dans la géo-ingénierie

Le 04 octobre 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Coïncidence. Au moment où les Britanniques reportent sine die leur première expérience de refroidissement de l’atmosphère par brumisation d’aérosols [JDLE], les Américains estiment indispensable de recourir aux techniques de géo-ingénierie pour tenter de minorer le changement climatique, en agissant directement sur le système climatique global.
 
Depuis plusieurs décennies, des scientifiques, jusque-là très minoritaires, estiment que les émissions anthropiques de gaz à effet de serre (GES) sont trop importantes pour être réduites suffisamment vite avant que ne soit atteint un point de non-retour climatique.
 
D’où l’intérêt de recourir à des techniques de géo-ingénierie pour «refroidir» le climat en surchauffe. Différentes solutions ont été imaginées par les savants: depuis la ionisation de la haute atmosphère pour expulser dans l’espace le CO2 superflu, à l’envoi de miroirs spatiaux détournant vers le cosmos une partie de l’énergie solaire, jusqu’aux arbres artificiels, en passant par le blanchiment des nuages ou l’injection de sulfates dans la haute atmosphère.
 
Tout ou presque a été minutieusement pensé, mais jamais essayé. D’où une pression grandissante exercée sur les politiques par des chercheurs, américains et britanniques notamment, et quelques entreprises impliquées dans certains projets, à l’instar d’Intellectual Ventures.
 
Cette pression s’exerce désormais en plein jour. Sous le couvert de Bipartisan Policy –une boîte à idées fondée par des parlementaires républicains et démocrates- une vingtaine de scientifiques et d’anciens hauts fonctionnaires impliqués dans les négociations climatiques appellent, dans un rapport mis en ligne aujourd’hui, le gouvernement Obama à financer d’importants programmes de recherche.
 
Selon ces spécialistes, seule la géo-ingénierie est maintenant capable d’éviter la survenue des plus funestes conséquences des changements climatiques: famines, réduction des réserves d’eau douce, relâchement du méthane contenu par le permafrost, disparition de l’ozone stratosphérique.
 
Séduisantes sur le papier, ces solutions techniques souffrent de nombreux inconvénients majeurs. Elles ne font, d’abord, que masquer le réchauffement climatique et retarder ses effets. Tant que nous émettrons autant de GES, il faudra contrebalancer leurs effets -si tant est qu’il soit possible de les masquer sur une très longue période. D’autre part, il est plus que probable que les effets de cette géo-ingénierie ne se feront pas sentir partout de la même façon. Certains pays pourraient y gagner, d’autres y perdre… Enfin, notre connaissance du système climatique global (sans compter les inter-relations entre l’atmosphère et l’océan) reste encore bien imparfaite.
 
Certes, en injectant chaque année plus de 30 milliards de tonnes de CO2 dans l'atmosphère, nous sommes en train de modifier le fonctionnement du système. Mais les principaux effets de cet «carbonisation» progressive sont assez bien cernés. Tel n’est pas le cas, en revanche, d’une modification délibérée de ce système. Les apprentis sorciers sont de retour.


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