Exclusif : la politique énergétique européenne pour 2050

Le 16 février 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Electriciens, aciéristes et cimentiers vont devoir séquestrer le carbone.
Electriciens, aciéristes et cimentiers vont devoir séquestrer le carbone.

Le Journal de l’Environnement s’est procuré, en avant-première, la note présentant la future politique énergétique de l’Union. Un programme qui vise à réduire de 80% les émissions de GES communautaires.

 

Connie Hedegaard est une femme têtue. Après avoir échoué à convaincre les pays membres de l’Union européenne de réduire de 30% leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) d’ici 2020, la commissaire européenne à l'Action pour le climat va plus loin.

 

Depuis quelques mois, ses services travaillent à la «décarbonisation» de l’économie européenne pour… 2050. «La seule échéance pertinente», nous indiquait récemment un haut fonctionnaire de la Direction générale de l’énergie et du climat française.

 

La feuille de route -qui doit être publiée dans le courant du mois prochain- a fait l’objet de quelques fuites dans les couloirs de la Commission.

 

L’objectif de cette stratégie énergétique est connu. La Commission entend abattre d’au moins 80% (par rapport à 1990) les émissions de GES des 27 en une quarantaine d’années. Ceci suppose de réduire de 40% nos rejets vers 2030 et de 60% en 2040.

 

Le secteur de l’énergie devra faire les efforts les plus conséquents. A l’horizon 2050, la Commission l’imagine, en effet, totalement «décarboné» ou presque. Le mix énergétique du futur sera donc composé d’énergies renouvelables, de centrales thermiques équipées de systèmes de captage-stockage de CO 2 (CSC) et de réacteurs nucléaires. D’un pays à l’autre, la part de ces technologies «bas carbone» variera, mais le salut climatique de l’Europe de l’énergie passe par leur généralisation. Le renforcement annoncé du système communautaire d’échange de quotas d’émission (ETS, en jargon communautaire) y contribuera.

 

La feuille de route du transport propre est, en revanche, un peu moins détaillée. Bruxelles compte beaucoup sur une électrification massive du parc de véhicules terrestres. En 2020, insiste la Commission, 10% des flottes de transport devraient être électriques: un premier tour de roue! Faute de ressources illimitées, l’utilisation des agrocarburants sera restreinte. Et une bonne part d’entre eux sera réservée aux moyens de transport lourds: avion, camion, etc.

 

Sans surprise, le document de la Commission insiste aussi sur l’indispensable révolution à mener dans le bâtiment. Un secteur, rappelle l’étude, «dont les émissions pourraient être réduites de 90% environ». Pour ce faire: durcissement des normes thermiques, banalisation des sources de production d’énergies renouvelables (pompes à chaleur, énergies solaires), réduction du coût de l’argent pour les achats d’immeubles sobres.

 

Déjà méritante (-15% d’émission entre 1990 et 2008), l’industrie devra poursuivre ses efforts. Au menu: efficacité énergétique à tous les étages, maîtrise de la demande d’énergie et CSC pour les installations les plus émettrices, comme les cimenteries ou les aciéries.

 

A l’origine d’un peu plus de 10% des GES anthropiques européens, l’agriculture devra réformer ses pratiques culturales, préserver (voire étendre) les sols captant le CO 2 (prairies, forêts, tourbières). Le tout en accroissant sa productivité puisqu’il s’agira, en 2050, de nourrir 9 milliards de terriens, soit 2 de plus qu’aujourd’hui.

 

Et combien tout ce programme coûte-t-il? La Commission estime que nous pouvons, collectivement, abattre de façon considérable nos émissions de GES en investissant environ 270 milliards d’euros par an: 2% du PIB européen! Certes, la somme peut paraître importante, mais le retour d’investissement l’est tout autant. En mettant en œuvre toutes les mesures de maîtrise des consommations énergétiques, les 27 pourraient réduire de 175 à 320 milliards € par an le montant de leur facture énergétique. A contrario, Bruxelles estime qu’une politique de «laissez faire» alourdirait, à l’horizon 2050, de 400 milliards €/an le coût de l’approvisionnement en pétrole et en gaz par rapport à 2010.

 



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