Exclusif : Anne Le Strat parle

Le 04 octobre 2011 par Geneviève De Lacour
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Anne Le Strat, la nouvelle présidente de l'Agence de l'eau Seine-Normandie.
Anne Le Strat, la nouvelle présidente de l'Agence de l'eau Seine-Normandie.

Contre toute attente, Anne Le Strat a été élue le 29 septembre à la présidence de l’Agence de l’eau Seine-Normandie (AESN), détrônant le député-maire d’Issy-les-Moulineaux, André Santini. Le poste conquis par la jeune adjointe PS à la mairie de Paris est stratégique. Etablissement public dépendant du ministère de l'écologie, l'AESN est chargée de la protection de l'eau sur un territoire qui s’étend sur 20% de l’Hexagone et abrite 17,6 millions d'habitants. Elle souhaite en faire un vrai lieu d’échange et concilier préservation des ressources en eau et politique agricole.

Cette élection a-t-elle été une surprise pour vous?

Oui et non. J’ai mené ma campagne. J’ai entendu des gens qui, à l’origine, n’étaient pas de ma sensibilité mais qui ne comprenaient pas, comme moi, ce qui est fait au sein de l’Agence de l’eau Seine-Normandie. Le parlement de l’eau devrait être un vrai lieu d’échange et de concertation où tout le monde est informé de la même manière. Or ce n’était pas le cas. Etonnamment, ce vote a mobilisé beaucoup de membres: 142 sur les 148 que compte le comité de bassin (74 membres appartenant aux collectivités locales, 74 aux groupes des usagers et des milieux socio-professionnels). Le rapport de force était tendu. Mais j’ai réussi à grignoter des voix parmi le groupe des socio-professionnels et surtout parmi les usagers.

 

Comment a réagi votre adversaire principal à ce résultat?

Pour l’ancienne présidence, ce résultat est catastrophique. D’ailleurs, j’ai appris que Monsieur Santini souhaitait faire invalider cette élection. Mais elle s’est déroulée en totale transparence, je n’ai donc aucune crainte. Christian Lecussan, qui est à la tête du groupement des industriels, a été élu vice-président face au représentant de France Nature Environnement. Entre ma nomination et la sienne, le comité de bassin a donc atteint un certain équilibre.

 

Quelle stratégie souhaitez-vous mettre en place pour l’AESN?

Je souhaite que l’agence devienne un lieu de cohérence territoriale. J’espère faire cesser l’opposition qui règne entre le monde de la ressource en eau et celui de la politique agricole, de la gestion des sols. Il s’agit également de décloisonner les territoires de l’eau en prenant en compte l’ensemble du bassin versant. Le littoral a trop souvent été oublié alors que cette zone côtière, à l’embouchure de la Seine, reçoit 30% des rejets en eaux usées de la population française. Nous souhaitons également travailler sur le préventif, en amont, et non plus le curatif. Il s’agit de tout mettre en place pour favoriser la préservation de la ressource, la protection des captages. Travailler aussi avec la profession agricole pour faire avancer les choses.

 

Vous avez été nommée à la tête de l’eau de Paris lors de son retour en régie, quelle conséquence aura votre nomination pour les usagers de Seine-Normandie?

L’agence de bassin ne décide pas d’un mode de gestion. Sa mission est de financer les actions de protection des ressources en eau et de lutte contre les pollutions. Elle accorde des aides financières sous forme de subventions et d’avances aux collectivités locales, industriels, agriculteurs, associations qui entreprennent des travaux pour mieux gérer les ressources et lutter contre les pollutions. Les aides proviennent des redevances qu’elle perçoit en application du principe de réparation des dommages à l'environnement. Mon mandat démarre en même temps que le 10e programme de l’agence, à déployer sur 5 ans. Ce programme devrait disposer d’environ 1 milliard d’euros d’aide. L’effort réalisé en matière d’assainissement, et notamment dans la mise aux normes européennes des stations d’épurations (Step), est en partie derrière nous. L’agence a beaucoup aidé les Step. Dorénavant, il va falloir redistribuer ces fonds pour travailler sur la vaste question de la pollution diffuse.

 

Dans quel état d’esprit entrez-vous en fonction pour ce mandat de trois ans?

Je connais très bien le petit cycle de l’eau, celui qui concerne la production, la distribution et le traitement de l’eau. En prenant la présidence de l’agence, il s’agit de travailler sur le grand cycle, l’eau dans tous ses états présents dans le milieu naturel. C'est très intéressant et très motivant. Le modèle de l’agence de bassin était très innovant lorsqu’il a été mis en place par la loi du 16 décembre 1964. Il s’agissait à l’époque d’une vraie avancée, en agissant à un niveau pertinent de gestion de la ressource, celui du bassin versant. 40 ans plus tard, tout le monde s’accorde à dire que l’agence de l’eau est un acteur important mais personne ne le sait. Il faut donc lui redonner de la visibilité. 20% de la facture d’eau des particuliers sont reversés à l’agence. Et je souhaite que cet établissement public soit connu et reconnu.

 


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