Eviter les collisions entre cétacés et navires en Méditerranée

Le 05 septembre 2011 par Célia Fontaine
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Repérer en temps réel les cétacés pour éviter les collisions avec les navires, c’est désormais une réalité avec le système Repcet, un outil informatique et collaboratif à l’usage de la navigation commerciale. La Méridionale a annoncé cet été être la première compagnie maritime à équiper la totalité de sa flotte avec ce système.
 
Les grands navires sont responsables de près de 35% de la mortalité des baleines franches de l’Atlantique nord. En Méditerranée, et plus précisément dans le bassin nord-occidental, 16 à 20% des baleines retrouvées mortes ont été tuées suite à une collision, et beaucoup d’individus vivants gardent des traces de ces accidents. Les collisions sont ainsi considérées comme l’une des principales causes de mortalité non naturelle des rorquals communs et des cachalots en Méditerranée.
 
Imaginé par le commandant Frédéric Capoulade et Pascal Mayol, respectivement président et directeur de l’association Souffleurs d’Ecume, Repcet est développé par la société Chrisar Software Technologies dans le cadre du Sanctuaire Pelagos, un espace maritime méditerranéen protégé de 87.500 km²[1]. L’objectif est de permettre le partage en temps réel des positions connues de baleines sur les routes de navigation, grâce à une communication satellite.
 
«Nous transportons des passagers et des marchandises du continent vers la Corse et la Sardaigne. Tous les jours, nous traversons le Sanctuaire Pelagos, un espace maritime avec un patrimoine naturel riche et remarquable. Il n’est pas question pour nous de porter atteinte à cet environnement unique», a déclaré Marc Reverchon, vice-président et directeur général de La Méridionale dans un communiqué du 25 juillet 2011.
 
La compagnie maritime a donc signé une convention avec la société Chrisar Software pour le déploiement du système de repérage en temps réel des cétacés sur trois navires mixtes (fret et passagers) actuels ainsi que sur son futur navire qui sera mis en service d’ici fin 2011.
 
Après deux ans d’utilisation, les résultats semblent concluants. L’un des bateaux équipé en 2009, le Scandola, a reçu 131 alertes d’autres navires et en a lui-même envoyé 12. Concrètement, les navires sont équipés d’un ordinateur et d’un logiciel dédiés. Le personnel de quart des navires identifient les mammifères marins et établit alors un message d’observation (nom et position du navire, distance et gisement de l’animal, espèce et nombre d’individus…) qui est transmis, en temps quasi réel, par satellite à un serveur situé à terre. Ce dernier centralise les données et diffuse les alertes aux autres navires équipés du système sur zone. Ils peuvent alors diminuer leur vitesse pour éviter toute collision. Parallèlement, toutes ces informations sont mises à disposition des scientifiques et permettent ainsi d’enrichir progressivement les connaissances sur la présence et la distribution des cétacés.
 
Chaque année, 6 à 8 officiers suivent la formation «Navigation et cétacés» à l’Ecole nationale supérieure maritime. Cette dernière a trois objectifs: décrire les différents types d’espèces qui se trouvent en Méditerranée, expliquer leur présence dans cette zone et exposer les mesures pour éviter les risques de collision, précise le commandant Olivier Varin, directeur général adjoint «opérations» de La Méridionale.
 
Le Centre régional opérationnel de secours et de surveillance en méditerranée (CROSS Méditerranée) est également équipé de ce système.


[1]Ce sanctuaire fait l’objet d’un accord entre l’Italie, Monaco et la France pour la protection des mammifères marins qui le fréquentent


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