Europol frappe un grand coup contre la contrefaçon d’aliments

Le 14 décembre 2011 par Romain Loury
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Des centaines de tonnes d’aliments de contrefaçon ont été saisis dans le cadre d’une grande opération policière européenne, a révélé le 6 décembre l’organisation Europol, organisation chargée de coordonner les polices nationales des pays de l’UE.
 
Dénommée Opson («nourriture» en grec ancien), cette opération, prévue depuis 6 mois, s’est déroulé du 28 novembre au 4 décembre dans 10 pays européens [1]. Ont été contrôlés aussi bien des aéroports et des ports maritimes que des magasins particuliers.
 
Selon un communiqué d’Europol, ce sont 13.000 bouteilles d’huile d’olive, 30 tonnes de sauce tomate, 77 tonnes de fromage de contrefaçon, plus de 12.000 bouteilles de vin frelaté, 5 tonnes de produits de la mer et près de 30.000 confiseries qui ont été saisis.
 
«Les consommateurs achetant ces produits, de manière consciente ou non, mettent leur santé en danger, car ces contrefaçons ne font l’objet d’aucun contrôle de qualité, et sont transportées et stockées sans respect des règles standard d’hygiène», rappelle Europol. Selon elle, les résultats finaux d’Opson ne seront publiés qu’une fois les enquêtes menées à leur terme.
 
Dans un communiqué conjoint avec la gendarmerie, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) détaille le bilan français d’Opson. Les 5 tonnes de produits de la mer (anguilles, lamproies, crevettes, saumons, etc.) seraient d’origine française, ayant été saisies avec l’aide de la Direction départementale de la protection des personnes (DDPP) du Pas-de-Calais.
 
Quant aux bouteilles de vin, du Bourgogne, elles «ont été saisies dans deux caves clandestines, pour fraude sur l’appellation d’origine et les qualités substantielles», indique la DGCCRF. L’huile d’olive proviendrait d’Italie: 1.000 bouteilles ont déjà été saisies dans le pays, la conformité de 13.200 autres, «en instance de distribution par une société monégasque», étant en cours d’examen.
 
Egalement démasqués, 6 sites internet de vente en ligne de faux champagne et de faux caviar, en lien avec la Pologne, la Belgique, le Royaume-Uni et la France. La DGCCRF indique toutefois qu’aucun de ces sites n’a été localisé en France.
La direction a d’ores et déjà engagé 7 procédures judiciaires, pour tromperie, falsification de denrées pouvant s’accompagner de risques sanitaires (produits avariés, présence de substances interdites, etc.), contrefaçon et mise sur le marché de produits dont l’importation est interdite.
 
Dans le même temps, une très grande escroquerie aux produits bio a été dévoilée en Italie. Selon l’Agence France Presse, «plus de 2.500 tonnes de farine, froment, soja, fruits secs» frauduleusement présentés comme biologiques, ont été saisies. En quelques années, le trafic, qui aurait rapporté 220 millions d’euros, a porté sur 700.000 tonnes.
L’affaire consistait à acheter les produits de base en Roumanie et en Italie, puis à les revendre 4 fois plus cher sous l’étiquette bio. Et ce dans plusieurs pays européens, notamment en France, grâce à un réseau de grossistes. Parmi les 7 personnes arrêtées, figurent des dirigeants de sociétés agro-alimentaires italiennes et le directeur régional d’un organisme de certification.
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[1] Ces 10 pays sont la Bulgarie, le Danemark, l’Espagne, la France, la Hongrie, l’Italie, les Pays-Bas, la Roumanie, le Royaume-Uni et la Turquie. La République démocratique du Congo (RDC) a participé en tant qu’observateur, dans l’objectif d’une opération-pilote l’an prochain en Afrique.


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