Europol alerte sur le trafic illégal de déchets en Europe

Le 01 septembre 2011 par Célia Fontaine
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Il y a de plus en plus de déversements illégaux de déchets en Europe, déclare Europol dans un communiqué du 30 août.
 
Selon l’organisation européenne chargée de la lutte contre la criminalité créée en 1992, le trafic illégal de déchets a pris son essor en raison de la nature «risque faible, grand profit» de l’activité. C’est l’un des secteurs de la criminalité organisée qui s’est développé le plus rapidement.
 
L’activité illégale est particulièrement forte dans les pays du Nord-Ouest et du Nord-Est de l’Europe. Les criminels contournent la législation environnementale en se servant dans les décharges sauvages, les sites industriels abandonnés etc. Ils envoient ensuite ces déchets par bateau et font des profits sur la vente des matières. Ils font également l’économie du coût de l’élimination en déversant en toute impunité des déchets sur des sites abandonnés.
 
«Le réseau est très organisé et sophistiqué, avec une répartition des rôles claire entre celui qui collecte, celui qui transporte et celui qui récupère. Cette organisation nuit à l’environnement, à la santé publique et représente un poids financier important», note Europol.
Par exemple, 134.000 tonnes de déchets ont été illégalement déversés dans une vaste gravière dans le Nord-Est de l’Europe. L’extraction et le transport de ce déversement illégal a coûté 160 euros par tonne, ce qui se chiffre au final à plus de 21 millions d’euros. Et dans le cas où les matériaux illégalement déversés sont classés comme dangereux, l’extraction et le transport s’élèvent à 300 euros par tonne.
 
L’organisation a également remarqué que les mouvements sont souvent facilités par une coopération avec les sociétés officielles, y compris celles d’import/export et du secteur du recyclage des métaux. Des déchets toxiques transitent du Sud au Sud-Est de l’Europe, dans les Balkans (Roumanie, Hongrie et Albanie surtout). L’Italie est également devenue une plaque tournante pour les déchets électroniques, avant de partir pour l’Afrique et l’Asie. «Il y a des preuves de corruption évidentes autant dans le secteur privé que public, notamment dans la délivrance de certificats par des techniciens de laboratoires», peut-on lire dans le communiqué. En outre, des sites intermédiaires de stockage sont souvent utilisés pour déguiser la destination finale des déchets, ce qui rend difficile l’identification de l’origine des trafics.
 
Europol émet une série de recommandations pour lutter contre le phénomène. Ainsi, il est important d’échanger des bonnes pratiques entre les experts nationaux impliqués dans la lutte contre le trafic illégal de déchets (réseau EnviCrimeNet). Il faut également adopter une approche multi-agence durant les opérations de contrôle de transport des déchets et les visites de décharges suspectes. 
 


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