Européennes: Yannick Jadot précise son programme

Le 02 avril 2019 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Yannik Jadot a presque achevé de constituer sa liste aux Européennes.
Yannik Jadot a presque achevé de constituer sa liste aux Européennes.
VLDT

La tête de liste Europe Ecologie-Les Verts (EELV) aux élections européennes s’est confiée aux journalistes de l’Association des journalistes de l’environnement (AJE). Au menu: transition énergétique et agricole, révision des traités européens et nouvelle affectation des budgets communautaires.

 

C’est un Yannick Jadot serein et déterminé qui s’est présenté, ce mardi 2 avril, devant l’AJE. Malgré les deux mois de campagne qui l’attendent, la tête de liste EELV aux élections européennes n’a pas été avare d’efforts pour convaincre son auditoire.

 

Les lecteurs du JDLE connaissent déjà les objectifs du programme du principal parti écolo: décarbonation de la société et transition agricole. Deux axes forts pour atténuer nos impacts sur le climat et la biodiversité. «Il est fondamental de nous réconcilier avec la nature et avec nous-mêmes», lance l’eurodéputé.

Projet de société

Qu’espère un large groupe vert au Parlement européen? Lancer une ‘constituante’ pour revisiter les traités européens. «L’idée est que l’environnement inspire à terme toutes les politiques européennes.» Ce travail prendra plusieurs années, concède-t-il. Le temps qu’il faudra notamment pour convaincre les gouvernements férus d’orthodoxie budgétaire d’accepter de ‘sortir ’les investissements environnementaux des critères de Maastricht. «On ne peut pas infliger la règle des 3% comme projet de société à 500 millions d’Européens.»

En attendant, l’ancien dirigeant de Greenpeace France distribue les propositions. La décarbonation? «Elle passera par une réorientation de l’utilisation du budget européen, soit 1.200 milliards d’euros pour les 7 prochaines années. La moitié doit être fléchée vers le climat», estime-t-il.

Une électricité verte

Revisiter ainsi le budget communautaire est le seul moyen d’arriver à produire l’intégralité de l’électricité consommée par les 27 à partir d’énergies renouvelables. «Cela prendra 20 ans. Décarboner les transports prendra plus de temps.»

Le budget européen ne servira pas seulement à bâtir de grands projets énergétiques. Il sera aussi l’une des sources de financement du revenu de transition écologique qu’entendent imposer les écologistes. «Il s’agit d’accompagner les artisans, les PME, les paysans, celles et ceux qui s’engagent dans la transition écologique.» Cette mesure pourra être couplée à une baisse de la TVA appliquée aux activités issues de cette transformation: la réparation des produits usagés, par exemple.

Protectionnisme vert

Réduire notre empreinte environnementale passera aussi par une diminution des importations de produits nuisibles à la nature et à l’homme. «Nous voulons instituer un protectionniste vert. Cela consistera à taxer plus fortement les produits ayant un contenu carbone trop important et les importations en provenance de pays qui ne respectent pas les normes de l’Organisation internationale du travail (OIT).»

De quoi déplaire aux principaux partenaires commerciaux de l’Union européenne, comme la Chine ou les Etats-Unis. Possible, mais des précédents existent: «L’Europe qui est le marché le plus stable et le plus rentable de la planète a imposé au monde son programme Reach et son règlement pour la protection des données.»

Révision de la PAC

Autre grande réforme d’une mandature verte: l’agriculture. EELV ne cache pas sa volonté de revoir la politique agricole commune (PAC), qui représente à elle seule 40% de la manne communautaire. «L’essentiel des aides doivent être attribuées à la conversion à l’agriculture paysanne ou bio», résume Yannick Jadot. En complément, les produits contenant du glyphosate devront être interdits en 5 ans et les pesticides de synthèse 10 ans après.

L’écologiste propose aussi d’abroger l’accord de Blair House de novembre 1992 «qui met l’Europe sous la dépendance des Amériques pour son approvisionnement en protéines». Au soutien à la production de protéines made in Europe s’ajoute le retour des vaches à l’herbe, «ce qui réduira nos besoins protéiques et favorisera le stockage du carbone par les prairie».



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