Européennes: les programmes en environnement

Le 29 mai 2009 par Sonia Pignet
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Le 7 juin, la veille pour l’Outre-mer, les Français ont rendez-vous dans les isoloirs pour élire 72 eurodéputés dans 8 circonscriptions électorales. Pour ce troisième volet de son dossier consacré aux élections européennes, le JDLE passe en revue les programmes nationaux en matière d’environnement des principales listes.

Rares sont les listes candidates à ne pas afficher un volet environnemental à leur programme pour les européennes. Il faut dire qu’en la matière, le Parlement européen (PE) dispose d’un pouvoir important (1), et que les électeurs européens placent la lutte contre le changement climatique comme la troisième priorité à promouvoir par leur assemblée (2). Si certains candidats font des propositions concrètes, d’autres préfèrent présenter leurs idées de façon plus générale, le Parlement européen n’ayant pas vocation à faire des propositions de loi, mais plutôt à s’exprimer sur celles de la Commission européenne. Voici donc, pour les principales listes présentes dans plusieurs circonscriptions, les volets écologiques des programmes (3).

Alliance Ecologiste Indépendante
La liste d’Antoine Waechter, Francis Lalanne ou encore Patrice Drevet se veut «indépendante, positionnée au-delà du clivage gauche/droite contrairement à Europe-Ecologie», indique Jean-Marc Governatori, tête de liste en Ile-de-France. «Les Verts existent depuis longtemps, et ils ont échoué», estime-t-il. Ses membres militent pour l’accès, via des subventions, à une agriculture européenne 100% biologique d’ici 15 à 20 ans ainsi qu’à un «rétablissement de la ruralité» grâce à une modification de l’orientation des fonds publics. Côté énergies, ils s’opposent à une taxe carbone et souhaitent privilégier en priorité une réduction de la consommation d’énergie. Ils prônent également une sortie du nucléaire d’ici 25 ans et le développement des énergies renouvelables. Enfin, ils souhaitent que «la législation européenne intègre le fait que les animaux sont des êtres sensibles à la douleur physique ou psychique».

Debout la République
Les listes gaullistes, emmenées par Nicolas Dupont-Aignan, sont plus qu’avares en propositions environnementales. Seul un chapitre du programme, sur la qualité de vie, y fait référence, à propos des OGM. «Nous souhaitons privilégier la qualité de nos aliments plutôt que le principe de libre concurrence, en laissant aux Etats la marge de manœuvre nécessaire pour pouvoir, s’ils le souhaitent, mettre en œuvre leur droit de veto», indique Debout la Réublique, qui précise aussi vouloir en finir avec la comitologie, «qui vide de sa substance le débat démocratique».

Europe Ecologie
Rassemblés autour de Daniel Cohn-Bendit, José Bové, ou encore Eva Joly, pour ne citer que quelques-unes des figures les plus connues, la liste des Verts européens se mobilise autour d’une idée phare: «la transformation écologique de l’économie est la clé de la solution à la crise actuelle», comme l’a martelé Daniel Cohn-Bendit lors de la présentation de son programme à la presse. Le programme d’Europe Ecologie comporte 9 piliers et 27 propositions, «en résonnance avec le Manifeste des Verts européens, programme commun à tous les candidats écologistes pour les élections européennes dans les 27 pays» (4). Parmi les propositions d’Europe-Ecologie, il y a la création d’un contrat de conversion écologique de l’industrie automobile, avec notamment le bridage de la puissance des moteurs. Pour l’agriculture, le programme prévoit notamment une politique agricole commune (PAC) écologique qui privilégie l’alimentation de proximité et de saison (avec une TVA à 0% sur les produits alimentaires de première nécessité), et un plan européen de développement de l’agriculture biologique pour atteindre les 30% d’ici 2020.

Dans le domaine énergétique, Europe Ecologie souhaite l’instauration d’une taxe sur la consommation de combustibles fossiles et d’électricité d’origine non renouvelable, avec compensation pour les ménages et les entreprises les plus fragiles.

Front de gauche
Le projet environnemental du Front de gauche, qui tient en quelques lignes, est constitué de trois idées: la tenue des engagements réclamés par la communauté scientifique mondiale pour lutter contre le réchauffement climatique, la nécessité de créer un nouveau type de développement pour promouvoir les investissements en énergies renouvelables et propres, les économies d’énergie et la protection des milieux naturels, et enfin, maintenir un moratoire sur les cultures OGM et «tarir les subventions à ‘l’agrobusiness’».

Front national
Le programme du parti d’extrême-droite a quasiment fait abstraction de l’environnement. Seules deux phrases y font allusion, lorsque le parti se dit pour la promotion d’exploitations agricoles à taille humaine et d’une agriculture respectueuse de l’environnement, et contre les accords internationaux qui permettent l’importation de produits ne respectant pas les normes que l’Union européenne impose à ses propres agriculteurs (OGM, poulet au chlore…).

Modem
Le Mouvement démocrate a englobé dans ses listes européennes Cap21, le parti de Corinne Lepage qui milite pour une «évolution soutenable». C’est donc autour de cette notion que se construit son programme européen environnemental. Si Corinne Lepage a reconnu au cours d’un point presse qu’«elle est d’accord avec Europe Ecologie sur les questions environnementales», elle reproche cependant à cette liste son «manque de cohérence». Les principales propositions écologiques du Modem sont les suivantes. Tout d’abord, repenser les modes de transports, de production et de logement afin de permettre d’importantes économies d’énergie, et recourir massivement aux énergies renouvelables. Ensuite, orienter les financements des fonds sociaux européens vers la formation aux nouveaux métiers du développement durable, imposer une notation sociale et environnementale européennes aux grandes entreprises et instaurer une taxe carbone pour pénaliser les énergies les plus polluantes. Côté agriculture, le Modem est pour l’instauration d’un moratoire sur les OGM et une aide aux agriculteurs afin qu’ils mettent en place de nouveaux modes de production plus respectueux de l’environnement.

Nouveau parti anticapitaliste
Pour sa première participation aux élections européennes, le NPA s’est doté d’un programme environnemental assez riche. Son «Europe écologique» tourne autour de la défense des paysans et des pêcheurs avec comme point-clé de nourrir sans nuire, des transports au service des besoins et de l’environnement et d’un volet sauvetage du climat et non des pollueurs.

Parmi les propositions, citons une réforme des modes d’exploitation des mers et des zones humides, avec la promotion de «pratiques de production (pêche artisanale), de transformation et de distribution respectant les équilibres naturels» ; également la création d’un service public européen du rail, accompagné d’un arrêt de construction de nouvelles autoroutes, ainsi que la réduction des allers-retours des marchandises et de la population par la relocalisation des productions. Plus radical, le NPA souhaite l’interdiction des transports par camion sur de longues distances au sein de l’UE, et l’interdiction, sauf cas particulier, du transport aérien courte distance. Enfin, concernant le climat, le parti d’Olivier Besancenot (troisième sur la liste Ile-de-France) réclame «un véritable plan international de réduction des émissions (-40% en 2020, et -90% au moins en 2050)», et la sortie du nucléaire.

Parti socialiste
Les candidats socialistes à la députation européenne ont articulé leurs propositions environnementales en trois points. En matière de transport durable, ils prônent un investissement massif dans les transports en communs et de marchandises plus respectueux de l’environnement, tout en sauvant l’industrie automobile, via une directive limitant les émissions de gaz à effet de serre «pour contraindre les constructeurs à innover».

Côté énergie, ils réclament une taxe carbone sur les produits importés pour lutter contre les délocalisations environnementales, et, sans plus de détails, souhaitent un «plan massif en faveur des énergies renouvelables» ainsi que la fin «le plus rapidement possible» des centrales électriques à charbon. Les socialistes souhaitent également introduire une directive européenne sur le climat qui définisse les objectifs et les plans d'action pour que l'Union atteigne un objectif global de de -30 % de ses émissions. Enfin, leur volet agriculture comprend «l’usage le plus limité possible» des pesticides.

Union pour un mouvement populaire
L’UMP aligne dans son programme pour les élections européennes une dizaine de propositions sur le thème de l’environnement, avec comme fil conducteur d’«assurer le suivi des objectifs fixés et l’application des textes adoptés sous présidence française sur tous les sujets: eau, biodiversité, transport, produits chimiques, déchets, …». Parmi ces propositions, notons la tenue d’un «Stockholm de l’environnement» qui serait un grand débat du type Grenelle mais à l’échelle européenne, à commencer sous la présidence suédoise. L’UMP suggère aussi d’affecter une large partie des recettes de la vente des droits d’émission de gaz à effet de serre aux nouvelles politiques orientées vers l’éco-croissance, et de mettre en œuvre une taxe «carbone» sur les produits importés en Europe ne respectant pas les normes environnementales des producteurs européens. Côté énergie, pas d’originalité particulière: l’UMP souhaite «développer les initiatives durables comme les énergies renouvelables marines, le ferroutage et le transport maritime et fluvial». Enfin, pour l’aspect biodiversité, elle propose la mise en place de trames vertes et bleues par les Etats sur l’ensemble du territoire européen et aimerait que l’Europe «assume le leadership dans la lutte contre la déforestation au niveau international», notamment par le recours au marché du carbone.

(1) Dans le JDLE: «Le Parlement européen, un poids lourd en environnement»
(2) Voir l’eurobaromètre du Parlement européen d’octobre 2008
(3) Toutes les listes, circonscription par circonscription, sont présentées sur le site du ministère de l’intérieur


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