Européennes: et l’environnement dans tout ça?

Le 26 mai 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Quelles seront les priorités environnementales du parlement et de la Commission ?
Quelles seront les priorités environnementales du parlement et de la Commission ?
parlement européen

Le résultat des élections européennes ne devrait pas avoir d’effets sensibles sur la politique environnementale de l’Union européenne.

Le boulet frontiste passé, doit-on craindre pour le traitement de l’environnement au Parlement européen? La question mérite, bien sûr, d’être posée. Y répondre complètement s’annonce aujourd’hui difficile. Certes, au lendemain du Super Sunday, surnom bruxellois des élections européennes, on connaît la répartition des sièges au Parlement. Et celle-ci ne diffère pas fondamentalement des résultats du vote de 2009.

Socialistes et conservateurs restent à la barre

Avec 28,5% des élus, le parti populaire européen (PPE) reste la première formation dans les hémicycles bruxellois et strasbourgeois. Ce regroupement de partis démocrates-chrétiens devance de 3% le groupe de l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates. Ensemble, conservateurs et socialistes détiennent plus de 53% des sièges, contre 61% auparavant. Les deux principales formations reculent, certes, mais gardent la barre bien en main.

L’Alliance des démocrates et libéraux pour l'Europe reste la troisième formation du PE, avec 8,79% (contre 10,9% auparavant), et devance de quelques coudées les partis Verts et leurs alliés. Ces membres de l’Alliance libre européenne pèsent désormais un peu de moins de 7%, contre 7,4% auparavant. Il y a désormais 52 eurodéputés écolos, contre 57 dimanche.

Piètre «résistance» des écolos français

Ce recul est essentiellement imputable au décrochage d’Europe Ecologie-les Verts, en France. Le conglomérat écologiste dirigé par Emmanuelle Cosse a recueilli 1,4 million de suffrages, contre 2,8 millions en mai 2009. Son score reste honorable[1] (8,95% des suffrages exprimés), mais ne lui assure que 6 députés[2], contre 14 précédemment. On est loin de «la très bonne résistance des écologistes», invoquée dimanche 25 mai sur Twitter par Cécile Duflot, ex-ministre écologiste du logement.

Ailleurs en Europe, la situation est contrastée. Dans une dizaine d’Etats membres, les partis se réclamant de la défense de l’environnement dépassent les 10%. Mention spéciale à l’Autriche où les Grünen dépassent les 15%. Ils sont talonnés de près par les écolos suédois et luxembourgeois (15%) et lettons (14%). Au Royaume-Uni, les Greens dépassent d’un point les libéraux-démocrates (LibDem), pourtant partenaires des conservateurs au sein du gouvernement Cameron. Ils enverront 3 eurodéputés sur le continent: 1 de plus que durant la précédente mandature.

L’écroulement des deux principaux partis espagnols profite légèrement aux formations environnementalistes: elles envoient 5 élus au PE, contre 2 auparavant. En Estonie, les écolos prennent une douche froide. Après avoir enlevé le quart des suffrages en 2009, ils ont bénéficié du vote de seulement 11% des électeurs. Malgré cette dérouillée, ils envoient encore 1 député au PE. A l’autre extrémité du spectre, on comptabilise 10 pays de l’UE qui n’ont pas élu un seul écolo. Dans ce lot, on trouve pêle-mêle des nouveaux entrants (Bulgarie, Roumanie), des pays traversant une forte turbulence politique (Grèce, Chypre), ou des piliers de l’Europe ébranlés par la crise économie (Italie, Portugal).

Au Parlement, les écologistes devraient pouvoir constituer sans problème un groupe parlementaire. Ils disposent bien de plus de 25 élus, issus de 7 pays de l’Union. Ce qui pourrait ne pas être le cas des parlementaires europhobes, grands vainqueurs du scrutin, dont les partis ne se retrouvent souvent que sur la détestation de l’Union européenne. Or l’absence de groupe parlementaire réduit sensiblement les capacités d’action des eurodéputés[3].

Des priorités floues

Pour le reste, bien des inconnues demeurent. A commencer par la prochaine composition de la Commission. Et les priorités que lui fixeront son président et les Etats membres. Au plan environnemental, l’un des points forts de son agenda reste l’adoption du paquet Energie Climat 2030, présenté au mois de janvier dernier.  Au plan institutionnel, l’Italie a déjà fixé les priorités de sa présidence, qui débute le 1er juillet. Dans un rapport publié en janvier dernier, le ministre italien des affaires européennes annonçait vouloir agir sur 5 terrains: les institutions européennes, les relations extérieures, la politique industrielle, la lutte contre l’immigration clandestine et la fiscalité.

Peu de choses à voir directement avec l’environnement. Et pourtant. Enzo Moavero Milanesi compte faire avancer le délicat dossier de la taxation de l’énergie. Il devra aussi amorcer la mise en œuvre d’une nouvelle politique visant à réduire la dépendance énergétique des 28 vis-à-vis du gaz russe. Il devra poursuivre enfin les négociations avec les Etats-Unis sur le projet de partenariat transatlantique de commerce et d'investissement (TTIP). Un accord dont la mise en œuvre pourrait avoir des effets sur les normes environnementales, mais aussi sanitaires et sociales.



[1] Les écologistes ont obtenu de meilleurs résultats en 1999 (9,72%), 1989 (10,6%) et en 2009 (16,7%).

[2] Les élus français sont Eva Joly, Karima Delli, Michelle Rivasi, Yannick Jadot, Pascal Durant, José Bové.

[3] La constitution d’un groupe parlementaire permet de participer à l’élaboration de l’ordre du jour des plénières, de s’exprimer sur tout sujet, de disposer d’un secrétariat, de pouvoir briguer la présidence des commissions, de nommer des rapporteurs des projets de texte, de déposer des amendements et des motions.

 



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