Européennes: EELV entre en lice

Le 25 mars 2019 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Eva Joly (au centre) repart à l'assaut des paradis fiscaux.
Eva Joly (au centre) repart à l'assaut des paradis fiscaux.
VLDT

 

Le parti écologiste a présenté les têtes de la liste qui sera conduite par Yannick Jadot et les grandes lignes de son programme.

Les écologistes ont tiré les premiers. Après le trio Batho, Bourg, Waechter, au tour d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) de se lancer dans la bataille des élections européennes. Ce lundi 25 mars, les têtes de la liste emmenée par Yannick Jadot s’étaient donné rendez-vous dans une boutique en travaux du centre de Paris. Elle fera office de QG de campagne pour les semaines à venir.

agriculture bio

Coincés entre un pupitre et un mur défraichi, une dizaine de candidats se présentent à tour de rôle. Dans le lot, des vedettes de l’écologie politique, comme Eva Joly (ancienne candidate écologiste aux présidentielles), ou Michèle Rivasi (créatrice de la Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité -CRIIRAD).

Quelques pertes en route. Avant même d’être définitivement constituée (il reste encore 6 places), la liste EELV compte déjà deux absents de marque. Pascal Durand, ex-patron du parti écologiste, a choisi, il y a quelques jours, de concourir sous la bannière de La République en marche (LREM). Un choix que vient également de faire Pascal Canfin, ex-directeur général du WWF France, et ancien ministre EELV.

Exprimé lors des derniers scrutins, le besoin de renouvellement n’a pas échappé aux stratèges verts: de nouveaux venus mâtinent la liste, à l’image du paysan agronome Benoît Biteau, auteur du passionnant Paysan Résistant, ou de Claude Gruffat, le président du réseau de magasins Biocoop. 

laxisme climatique

Les pros de l’Europe politique ne sont pas absents. Présidente de la commission Transport et Tourisme du Parlement européen, Karima Delli incarne l’un des combats du moment: la lutte contre les pollutions atmosphériques.

Deux surprises aussi, avec la présence de Damien Carême. Ex-socialiste, le maire écologiste de Grande-Scynthe a, le premier, traîné l’Etat français devant les tribunaux pour son laxisme climatique. Il aura des sujets à évoquer avec sa co-listière Marie Toussaint, l’une des chevilles ouvrières de la pétition initiée par l’association Notre Affaire à tous.

1.000 milliards en faveur du climat

Côté programme, pas de surprise à attendre de la liste EELV. La liste écologiste veut tirer la future politique agricole vers la bio, «seule façon de nourrir la planète tout en préservant les sols et le climat», estime Benoît Biteau. La présence sur la liste du patron d'un distributeur de produits bio (Claude Gruffat) risque pourtant de nourrir un soupçon de conflit d'intérêt.

Surfant sur la vague Larouturrou, les candidats estampillés Verts militent pour la mise en œuvre d’un plan de 1.000 milliards d’euros d’investissement en faveur du climat, des économies d’énergie et des énergies renouvelables. «Ce qui passera aussi par une réforme de la Banque centrale européenne, de la Banque européenne d’investissement et par la création d’une banque européenne du climat et de la biodiversité», insiste Karima Delli.

fin des paradis fiscaux

L’argent, Eva Joly sait où le trouver. L’ancienne magistrate en charge de la lutte contre la corruption continue son combat au Parlement européen. Et n’entend pas s’arrêter là. «Nous devons interdire les paradis fiscaux existant au sein de l’Union européenne», répète-t-elle. Et pour ce faire, conditionner l’octroi d’aides communautaires aux progrès que feront certains Etats dans la transparence des comptes de leurs entreprises. Sont particulièrement visés: Chypre, Malte, la Hongrie, le Luxembourg, les Pays-Bas, l’Irlande.

Ne perdant pas une miette de la crise démocratique révélée par le mouvement des Gilets jaunes, Damien Carême propose la convocation d’une assemblée constituante européenne pour redéfinir les relations entre les institutions européennes et les citoyens et réarmer les lanceurs d’alerte contre les lobbys.

Pour Yannick Jadot, ce projet de société est le seul à pouvoir susciter l’enthousiasme pro-européen, seul rempart selon lui, à l’arrivée de l’extrême-droite au pouvoir.



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