Europe: Macron réchauffe de vieilles idées

Le 27 septembre 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email

Pour relancer l’Europe, le président français ne prévoit aucune mesure environnementale nouvelle.

Comme l’avait fait son prédécesseur en début de mandat, Emmanuel Macron entend redynamiser l’Europe. Mardi 26 septembre, dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, Emmanuel Macron a prononcé un vibrant discours en faveur d’«une Europe souveraine, unie, démocratique».

Meilleure maîtresse de ses frontières, l’Europe de ces prochaines années, estime le locataire de l’Elysée, devra aussi «développer un nouveau partenariat avec l’Afrique, fondé sur l’éducation, la santé, la transition énergétique».

Taxe carbone

«Modèle de développement durable», notre espace commun devra «favoriser les investissements dans cette transition (transport, logement, industrie, agriculture) en donnant un juste prix au carbone: par un prix minimum significatif à l’intérieur de ses frontières; par une taxe carbone européenne aux frontières pour assurer l’équité entre ses producteurs et leurs concurrents».

L’Europe devra aussi favoriser l’électrification du transport individuel et soutenir le développement des bornes de recharge des véhicules électriques. Elle devra aussi, insiste le président de la République, assurer sa souveraineté alimentaire en réformant la politique agricole commune (PAC). Voilà pour la partie environnementale.

Coopération avec Paris

Lyrique, le discours a été salué par nombre d’observateurs. Sur Twitter, Cem Özdemir a salué le président Macron: «L’avenir de nos pays réside dans une Europe unie. Besoin d’une coopération forte avec Paris», estime le coprésident des Verts allemands. Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, a remercié le président français de son soutien «au travail des institutions de l’UE».

Adressées de prime abord au futur gouvernement allemand (au nom du moteur binational de l’Europe), avant que la chancelière Merkel ne constitue sa nouvelle équipe, les propositions françaises ont comme un goût de réchauffé.

A supposer qu’il soit conclu, le partenariat proposé à l’Afrique n’est autre que l’atteinte des objectifs de développement durable (ODD), objectifs auxquels la France a souscrit dès septembre 2015.

Prix au plancher jusqu’en 2030

Le prix minimum significatif à l’intérieur des frontières est, pour le moment, donné par le système communautaire d’échange de quotas d’émission de gaz à effet de serre (ETS). Ouvert en 2005, ce marché du carbone est structurellement incapable de fixer un prix qui inciterait les industriels à réduire effectivement leurs émissions carbonées. Une situation qui n’évoluera pas avant… 2030, au mieux, reconnaissent les membres de la Commission.

Vieux projets

En 2010, la Commission a étudié la possibilité, dans le cadre de la directive sur la taxation des produits énergétiques, de ne plus taxer électricité, carburants et combustibles en fonction de leur contenu énergétique mais de leur bilan carbone. Sans succès.

La taxe carbone aux frontières. Là encore, l’idée de frapper d’une taxe les produits en provenance de pays sans contrainte carbone n’est pas nouvelle. Bruxelles l’a proposée dès 2008. Les présidents Sarkozy, puis Hollande, ont régulièrement remis le sujet sur la table des négociations. Sans convaincre les gouvernements des pays à l’économie ouverte sur le monde: Royaume-Uni, Allemagne, Pays-Bas.

Taxe ou pas taxe? Quatre mois après avoir raboté la taxe française sur les transactions financières (TTF) et refusé de porter ce dispositif au niveau européen, le président Macron remet le projet sur le tapis vert européen. Il faudra toujours convaincre les gouvernements britannique, néerlandais, luxembourgeois ou irlandais du bienfondé de cette mesure.

Que l’Europe investisse enfin dans la voiture électrique et des infrastructures de recharge? La bonne idée. Tellement bonne qu’elle est le cœur de la directive sur le déploiement d'une infrastructure pour carburants alternatifs du 22 octobre 2014.

La réforme de la PAC pourrait être engagée rapidement, si les membres de l’Union européenne votaient l’interdiction de tous les usages du glyphosate. Réponse: le 6 octobre prochain, à l’issue de la réunion d’experts européens qui devront statuer sur le renouvellement de l’autorisation de vente en Europe de l’herbicide le plus utilisé dans le monde. Si l’autorisation n’était pas votée par une majorité qualifiée (16 Etats membres, représentant 65% de la population de l’UE), la licence du principe actif du Round Up serait révoquée.

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus