Europe: les villes préférées de nos poumons

Le 31 mars 2015 par Stéphanie Senet
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Tous à Zurich
Tous à Zurich

Zurich arrive en tête des villes les plus dynamiques pour améliorer la qualité de l’air, selon le classement Sootfree cities[1] diffusé ce 31 mars par le Bureau européen de l’environnement (BEE). Avec ses nombreux pics annuels de pollution, Paris reste sans surprise à la traîne.



[1] L’étude a été réalisée par Bund/Les Amis de la terre Allemagne

 

 

Les 400.000 Zurichois ont de la chance. Non seulement la ville la plus chère du monde a pensé à leurs poumons mais elle est surtout passée à l’acte pour réduire la pollution des véhicules et promouvoir les transports doux. Résultat: les concentrations de particules fines et de dioxyde d’azote sont loin d’atteindre les plafonds définis par Bruxelles. Ces limites sont pourtant régulièrement dépassées dans la majorité des métropoles de l’UE, comme l’ont confirmé les pics de pollution du mois de mars à Paris ou à Londres.

 

Pas de recette miracle

«Il n’y a malheureusement pas de recette miracle pour obtenir rapidement une bonne qualité de l’air. Mais Zurich se distingue clairement par sa mise en place, dans la durée, d’une stratégie globale pour accroître la mobilité durable et réduire l’usage de la voiture», explique au JDLE Sébastien Pant, chargé de campagne sur la qualité de l’air au BEE. «Les premières mesures pour développer les transports publics remontent aux années 1990. Il est aussi intéressant de noter qu’un même département gère la qualité de l’air, la politique climatique et le développement urbain», ajoute Arne Fellerman, coordinateur de l’étude pour les Amis de la terre Allemagne. Ajoutons que la capitale de la finance suisse n’est pas parvenue à créer de zone à basse émission sur son territoire. Signe que cette mesure n’est pas une condition sine qua non d’un air de bonne qualité.

 

Polluants et politiques

Pour obtenir ces résultats, l’étude a comparé 23 métropoles européennes de 16 pays différents, selon 9 critères: pollutions à proximité du trafic routier,  promotion des transports publics, des transports doux, gestion du trafic, achats publics, incitations économiques, limitation des plus importantes sources de pollution et création de zones à basse émission.

 

Politiques passées et à venir

«Il s’agit d’un classement intéressant», commente Sébastien Vray, président de l’association Respire, lui-même à l’origine d’un classement des 100 villes européennes basé sur le nombre annuel de dépassements des seuils réglementaires. Il précise que «l’étude Sootfree cities s’appuie sur les réponses à un questionnaire, sur des recherches menées par des enquêteurs, sur le retour des ONG présentes sur le terrain et sur l’analyse de documents officiels comme les plans de protection de l’atmosphère».

Intéressante, l’analyse des politiques urbaines cible autant les 5 années passées (2009-2014) que les 5 années à venir (2015-2020), «parce qu’une politique de lutte contre la pollution atmosphérique ne peut pas s’arrêter et doit se baser sur le long terme», note Sébastien Pant, du BEE.

 

Copenhague, reine du vélo

C’est la reine du vélo, Copenhague, qui gravit la deuxième marche du podium pour sa politique volontariste en faveur des transports doux et des transports en commun. La capitale danoise a aussi limité de façon drastique la circulation des véhicules diesel, des camions et des engins de chantier. Vienne, Stockholm et Berlin ferment le peloton de tête. Les métropoles où l’air est le plus nocif sont par ailleurs Lisbonne (22e) et Luxembourg (23e).
 

Paris en 6e position
Sans surprise, Paris obtient une piètre 6e place, ex-aequo avec Helsinki, Londres et Stuttgart. «Les concentrations relevées à Paris montrent qu’il s’agit d’une des pires villes européennes en matière de qualité de l’air», pointe le coordinateur de l’étude. La station de mesure de la place Basch (sud de la ville) a affiché 73 dépassements du seuil réglementaire européen pour les PM10[1] en 2013, rappelle l’étude.

Si elle arrive devant Lisbonne ou Luxembourg, c’est surtout en raison de sa récente stratégie, annoncée par la maire de Paris Anne Hidalgo fin janvier. «Paris est au début de sa lutte contre la pollution atmosphérique, résume Arne Fallerman. Il va falloir attendre plusieurs années avant que la réduction des véhicules diesel, des cars et des poids lourds, prévue d’ici 2020, porte ses fruits.»



[1] Il s’agit du seuil d’information fixé à 50 microgrammes par mètre cube en moyenne sur 24 heures

 



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