Europe : les stress-tests nucléaires se passent bien

Le 16 septembre 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les exploitants européens viennent de franchir une étape importante. Au 15 septembre, la plupart d’entre eux avaient rendu leur rapport portant sur les évaluations complémentaires de sûreté (ECS) de leurs installations à la suite de l’accident de Fukushima. Des ECS dont le cadre a été fixé, en mars dernier, par l’Ensreg, l’association européenne des autorités de sûreté nucléaire.
 
En France, les ECS les plus attendus sont celles d’EDF qui exploite 58 réacteurs nucléaires de puissance sur 19 sites. Si l’on en croit l’électricien semi-public, qui dit avoir mobilisé 300 ingénieurs pour les réaliser, les réacteurs à eau sous pression tricolores restent de bonnes machines, même en situation extrême. Toutes les études ont été mises en ligne sur le site de l'autorité de sûreté nucléaire (ASN).
 
Le niveau de robustesse des réacteurs nucléaires français d'EDF leur «procure une marge satisfaisante» de sécurité, selon l'exploitant, après des tests effectués à la lumière de l'accident de Fukushima et publiés ce vendredi 16 septembre.
 
L'analyse demandée à l'exploitant pour chacun de ses sites montre «qu'en ce qui concerne les moyens préventifs de protection des installations contre les effets d'un séisme et d'une inondation, le niveau de robustesse actuel procure une marge satisfaisante au-delà du dimensionnement».
 
Elle montre également «une bonne robustesse des moyens de secours en place en cas de perte totale et cumulée des sources électriques et de refroidissement».
 
EDF propose toutefois de mettre en œuvre un certain nombre de «parades» supplémentaires pour éviter un scénario similaire à celui de Fukushima: mise en place de pompes autonomes pour préserver une source de refroidissement, groupe électrogène «d'ultime secours» pour alimenter chaque site et mise en place d'une «Force d'action rapide nucléaire» capable d'intervenir n'importe où en France dans les 24 heures.
 
Au Royaume-Uni, le rapport soumis à Bruxelles par l’Office for Nuclear Regulation (ONR) balaie toutes les inquiétudes. «A ce jour, indique le document de l’ONR, aucune étude réalisée par les exploitants soumis au stress-test, ni d’autres analyses nationales réalisées auparavant, n’ont relevé de faiblesses structurelles…». Bref, les 18 réacteurs britanniques (dont 15 appartiennent et sont exploités par EDF) n’ont pas de mauvais atome à se faire. Pas plus que leurs riverains.
 
En Espagne, le Consejo de Seguridad Nuclear (CSN) a bien reçu aussi dans les temps les rapports des exploitants des 8 réacteurs électrogènes du royaume. Et là surprise, tout ne colle pas parfaitement. Les centrales espagnoles, reconnaissent leurs exploitants, ne pourront résister à de forts séismes qu’au prix d’un renforcement de structures et de certains équipements.
 
En attendant, il faut poursuivre les recherches, estime le CSN. En revanche, qu’ils soient bouillants ou pressurisés, les réacteurs d’outre-Pyrénées résistent aux inondations. Et les électriciens estiment disposer de suffisamment de moyens redondants pour les alimenter en courant rapidement, même après une perte d’alimentation en électricité. A l’instar d’EDF, les opérateurs ibériques prévoient la création d’une force d’action rapide, capable d’intervenir sur n’importe quel site en moins de 24 heures. Des mesures complémentaires pour maintenir le refroidissement des cœurs et des piscines de combustibles devraient être présentées d’ici le 31 octobre.
 
En Belgique, comme en France, les choses sont simples: il n’y a qu’un seul exploitant de centrale nucléaire et il est français. Comme son grand concurrent semi public, GDF Suez a transmis à l’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) son rapport d’évaluation du stress-test.
 
Le gendarme du nucléaire belge indique qu’Electrabel (la filiale électrique belge du groupe) «a mis en place une organisation de projets adéquate, disposant de suffisamment de personnel pour achever le stress-test dans les délais prévus. Des actions à court terme ont déjà été entreprises par Electrabel sur les sites de Doel et Tihange, destinées à augmenter encore la résistance des centrales nucléaires contre les séismes, les inondations et les black-out». Electrabel exploite 6 réacteurs à eau pressurisée, dont les plus récents ont été mis en service en 1985.


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