Europe: les points chauds de la pollution aux particules en 2030

Le 20 février 2015 par Stéphanie Senet
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Embouteillage aux particules dans le ciel des grandes métropoles
Embouteillage aux particules dans le ciel des grandes métropoles
Airparif

Les émissions de particules fines PM10 dépasseront encore les plafonds européens en 2030, en particulier dans les grandes métropoles comme Paris, Milan ou Varsovie, selon une étude publiée le 13 février dans la revue Atmospheric Chemistry and Physics. Preuve des limites de l’actuelle législation de l’UE.

 

Réalisée par dix chercheurs européens, dont Bertrand Bessagnet de l’Institut national de l’environnement et des risques (Ineris), cette nouvelle étude propose des estimations de concentrations de particules PM10 en 2030. Si ce type de modélisation n’est pas nouveau, sa cible a changé, s’intéressant surtout à des stations urbaines problématiques plutôt qu’à des moyennes nationales. Au total, les chercheurs ont sélectionné 1.870 stations de mesure européennes et ont effectué leurs projections à partir des concentrations observées en 2009.

 

Résultat: la population des grandes métropoles européennes et de certaines zones d’Europe centrale et orientale, comme le sud de la Pologne, peut s’attendre à ce que les plafonds d’émission de PM10 soient dépassés en 2030. Ce qui sera lourd de conséquences sur les crises d’asthme, les maladies cardiovasculaires et respiratoires. La pollution aux particules est déjà responsable de 400.000 morts prématurés par an selon une étude l’Agence européenne de l’environnement (AEE) de 2011.

Si la composition chimique et la provenance géographique de ces particules varient fortement d’un endroit à l’autre, les PM10 émises localement proviennent toujours du trafic routier et de certains systèmes de chauffage domestique (au bois et au charbon).

 

Une nécessaire réforme

Pour rappel, la directive de 2008 sur la qualité de l’air limite à 35 le nombre de dépassements annuels du plafond européen sur les concentrations de PM10 (50 microgrammes par mètre cube en moyenne journalière). Elle plafonne aussi à 40 mg/m3 la concentration moyenne sur l’année. Des seuils régulièrement dépassés par la plupart des pays de l’UE, dont l’Hexagone.

Pour réduire de façon significative les concentrations de PM10, il est donc urgent de réformer la législation actuelle sur la qualité de l’air. Un défi d’autant plus grand que la révision du paquet européen, proposée le 18 décembre 2013 par Bruxelles, a été supprimé de l’agenda 2015 par la nouvelle Commission.

 

Le chemin d’une pollution réduite

En septembre dernier, l’Ineris avait déjà présenté une étude sur les effets de cette nouvelle proposition législative attendus en 2030, montrant que les nouveaux plafonds d’émission seraient dépassés dans plusieurs régions françaises, dont l’Ile-de-France, le Nord-Pas-de-Calais, l’Alsace, Rhône-Alpes, ou Provence-Alpes-Côte d’Azur. Pour être efficaces, les politiques de réduction de la pollution atmosphérique doivent donc être complétées au niveau régional.

Les chercheurs se sont d’ailleurs intéressés aux effets d’un scénario volontariste. Résultat: si toutes les technologies disponibles pour réduire la pollution aux particules étaient mises en place en Europe, 99% des stations de mesure rentreraient dans les clous de la législation européenne en 2030, estiment les scientifiques.



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