EuropaCity: un projet remanié à la marge

Le 04 septembre 2018 par Marine Jobert
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Pas de piste de ski dans le Val d'Oise?
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EuropaCity

L’Etat soutient le méga projet commercial, tout en affichant des exigences en matière d’environnement. La renégociation d’un accord avec le promoteur lui donne l’occasion d’imposer que le projet soit (un peu) revu à la baisse.

Construire un complexe commercial et de loisirs de 80 hectares sur des terres agricoles et, en même temps, stopper l’artificialisation des sols, réduire les émissions de gaz à effet de serre et assurer l’avenir alimentaire du pays. Le projet EuropaCity est un bel exercice de conciliation d’aspirations contradictoires, que le gouvernement assume, puisqu’il a fait appel de la décision du tribunal administratif de Cergy-Pontoise qui annulait, en mars dernier, l’arrêté créant la zone d’aménagement concerté (ZAC) dite du ‘triangle de Gonesse’. L’arrivée à échéance d’un premier protocole entre l’aménageur (Grand Paris Aménagement, -GPA), le promoteur (Ceetrus, ex-Immochan) et le Chinois Wanda) donne à l’Etat l’occasion de rendre le projet plus climato-compatible, ne serait-ce que pour passer sous les fourches caudines de la justice.

«Nos légumes menacés d'expulsion.» Le collectif pour le triangle de Gonesse, qui fait pousser des choux, des radis, des carottes, des courges et autres courgettes depuis mai 2017 sur une parcelle appartenant à l’établissement public foncier d’Ile-de-France, galèje. Mais ses membres seront devant le TGI de Pontoise ce 12 septembre, en vue d’une audience en référé pour statuer sur une demande d’expulsion du propriétaire des lieux.


Commerçants locaux pas convaincus
Selon un document consulté par Le Monde, «certaines composantes du projet» vont être revues. En sus d’un volet social, GPA attend des engagements environnementaux. Et notamment l’abandon du projet de parc des neiges et la diminution du nombre de boutiques. «La promesse d’une étude sur une montée en puissance progressive de l’offre commerciale n’est pas satisfaisante en l’état, critique le collectif ‘Europas du tout’. Il faut dès à présent un moratoire interdisant toute nouvelle surface commerciale supplémentaire sur le territoire si nous voulons préserver les commerces existants. Les commerçants ne sont pas des grenouilles que l’on laisse mourir petit à petit dans un bocal.»


La DUP dans les tuyaux
Sera-ce suffisant pour convaincre les juges en appel (l’audience pourrait ne pas intervenir avant le deuxième semestre 2019), alors qu’en première instance, les juges avaient critiqué plusieurs aspects environnementaux de l’étude d’impact? Le préfet, de son côté, s’apprête à publier l’arrêté déclarant d’utilisé publique (DUP) le projet. Et il reste encore à modifier le plan local d’urbanisme (PLU) de Gonesse, dont le commissaire-enquêteur avait considéré le projet comme climaticide. Mais le promoteur affiche sa confiance: les premières boutiques ouvriront bien en 2024.



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