Europacity: le PLU en route pour l’annulation?

Le 30 janvier 2019 par Marine Jobert
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
Le PLU de Gonesse, maillon faible d'Europacity?
Le PLU de Gonesse, maillon faible d'Europacity?

Le rapporteur public a requis l’annulation totale du plan local d’urbanisme de Gonesse, dont la révision conditionne la réalisation de la super zone commerciale, projeté sur 80 hectares de terres agricoles. Décision le 22 février.

 

«La bétonneuse folle s’emballe et on ne sait où elle s’arrêtera.» Le rapporteur public n’y est pas allé de main morte pour exprimer ses réserves sur la validité des dispositions du plan local d’urbanisme (PLU) de la ville Gonesse. Car ce document, en cours de révision, est la pierre angulaire du projet de complexe commercial et de loisirs que projettent de bâtir sur 80 ha un promoteur (Ceetrus, ex-Immochan) et un investisseur chinois (Wanda). Le commissaire-enquêteur avait rendu un avis défavorable sur le projet en août 2017 pour cause d’incompatibilité climatique.

Consommation excessive de terres agricoles

Devant le tribunal administratif de Cergy-Pontoise, le rapporteur public, saisi par 4 groupes d’opposants, a demandé l’annulation pure et simple du PLU, en mettant en avant l’information insuffisante qu’aurait reçue le public sur les impacts environnementaux du projet, la consommation excessive de terres agricoles qui en résulterait et l’absence de prise en compte de l’offre commerciale déjà existante.

Projet alternatif crédible

«[Cette] demande d’annulation du PLU est sans aucun doute un coup massue pour les promoteurs du projet Europacity qui n’ont eu de cesse de tromper l’opinion publique avec des chimères», s’est félicité le collectif «Europas du tout», qui fédère des commerçants et des membres de la société civile. Il est désormais urgent d’abandonner définitivement [ce projet] et de le remplacer par un projet alternatif crédible. Nous demandons désormais à la justice de suivre la clairvoyance du rapporteur public.»

La gare de Gonesse, prochain combat

En mars 2018, le même tribunal annulait l’arrêté créant la zone d’aménagement concerté (ZAC), amenant les promoteurs à revoir à la marge certains éléments du projet. Le projet d’aménagement avait été, à l’inverse, validé par le commissaire-enquêteur quelques mois plus tard. Un autre bras de fer s’annonce: la sortie de terre de la gare de Gonesse sur la future ligne 17 –pour laquelle a été délivré un permis de construire–, que le Grand Paris a récemment boosté en attribuant le premier des trois marchés de génie civil du projet. «Nous avons 6 mois pour obtenir une décision politique de renoncement à EuropaCity et à l’aménagement du Triangle, sans quoi nous devrons organiser une résistance sur le terrain, au risque d’affrontements avec la police», prévient Bernard Loup, le président du Collectif pour le Triangle de Gonesse, cité par Le Monde. La décision est attendue pour le 22 février.

 

 



Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus