Europacity et Terminal T4 : la convergence des luttes

Le 19 février 2020 par Victor Miget
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14 associations se sont unies afin de déposer un recours gracieux contre le schéma de cohérence territoriale (SCoT) de l’agglomération Roissy-Pays-de-France. Elles estiment que le document acte deux projets imposés et polluants : le Terminal 4 de l'aéroport Roissy Charles de gaulle et Europacity.

 

Nouvelle offensive de la part des opposants au projet de Terminal 4 de l'aéroport Roissy Charles de Gaulle. Après la mobilisation d’associations et de citoyens et le courrier envoyé par des élus au Président de la République Emmanuel Macron, 14 associations lancent une action juridique commune contre le T4. Un bâtiment qui accueillera 40 millions de voyageurs supplémentaires d'ici à 2037 pour un bilan de 15 millions de tonnes d’équivalent CO2.

Les militants ont déposé mardi 18 février un recours gracieux contre le SCoT de l'agglomération Roissy-Pays-de-France. Un document qui vise à organiser l’aménagement du territoire de la communauté d’agglomérations. « C’est un recours hors contentieux. Il n’est pas envoyé au tribunal, mais devant l'administration qui a pris le SCoT […] D’ici 4 mois, nous déposeront un recours au tribunal administratif», nous précise, Chloé Gerbier, coordinatrice de l’équipe juridique Super Local, Notre Affaire à Tous (l’une des associations engagées dans la procédure). 

Une question de temps

Le SCoT a été adopté en conseil communautaire le 19 décembre dernier. Après en avoir parcouru les pages, les militants ont estimé que le document d’urbanisme considérait le T4 comme acquis. Audrey Boehly, du collectif Non au T4 nous explique : « Le texte est au présent. C'est une façon d’entériner le projet alors qu'il n'a pas lieu d'être. Ce document valide à priori un projet comme le Terminal 4, alors que l’enquête publique n’a pas encore eu lieu ni même l’étude d’impact. Ne sont évoquées que les promesses d'emplois, de tourisme, mais aucune mention n'est faite de l'impact du T4 sur l’environnement». Aux associations de les rappeler : l’augmentation du trafic routier, des émissions de gaz à effet de serre et des particules fines, des nuisances aériennes, l’artificialisation des terres... Pour Audrey Boehly, aucun doute, «il y a un véritable défaut d'information».

Convergence des luttes

Parmi les associations engagées, le Collectif pour le Triangle de Gonesse (CPTG) a aussi répondu présent. Parce que oui, « ce document d’urbanisme pose comme acquis deux projets imposés et polluants : Europacity (une zone commerciale implantée sur des terres agricoles ndlr) et le Terminal 4.» Europacity a pourtant été abandonné à l’issue du Conseil de défense écologique du 7 novembre 2019. «Le nouveau SCOT cite à de nombreuses reprises le projet, en vantant son apport en termes d’emplois créés et de fréquentation du territoire», notent les associations.

Interrogé dans les colonnes du Parisien, Nicolas Pavile, directeur général adjoint des services en charge de la stratégie à la communauté d’agglomération Roissy-Pays de France, assure que «ce sont des opérations qui dépassent notre Scot. Nous avons également pris en compte d'autres projets comme le CDG Express ou le Roissy-Picardie, auxquels nous ne sommes pas forcément favorables». Il rappelle également que le document d’urbanisme s'engage à préserver pas moins de 16.000 ha de terres agricoles.