Etudes scientifiques sur les pesticides : Le choix de l’EFSA

Le 03 mars 2011 par Geneviève De Lacour
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L’Agence européenne de sécurité alimentaire (AESA, EFSA en anglais) a publié le 28 février des recommandations sur l’utilisation d’études scientifiques dans le processus d’autorisation des pesticides. Le Mouvement pour les Droits et le Respect des Générations Futures (MDRGF) et le réseau Pesticides Action Network (PAN Europe) critiquent ce document et les recommandations proposées par l’Agence.

Dans un communiqué daté du 1 er mars, le MDRGF note: « l’AESA conclut que les études de l’industrie, qui sont conduites selon les «Bonnes pratiques de laboratoire (BPL)», que seuls les industriels suivent, sont les plus fiables alors que les recherches des scientifiques indépendants de l’industrie sont considérées d’un niveau moindre.»

Une situation que le MDRGF considère comme «scandaleuse», et l’association de réclamer que l’indépendance des études soit assurée. « Pour mémoire, en concevant le nouveau règlement sur les pesticides, le Parlement européen et le Conseil ont décidé de prendre en compte les données scientifiques indépendantes de l’industrie, parce qu’ils ont considéré que l’évaluation des pesticides ne pouvait reposer sur les seules données de l’industrie, vu les risques de conflit d’intérêt et de manipulation posés.»

Le MDRGF rappelle que dans le cas du Bisphénol A, « les études financées par les industries chimiques ne montrent aucune nocivité alors que 90% des études indépendantes montrent un risque possibleIl est donc indispensable de prendre en compte les études scientifiques publiés dans les journaux à comité de lecture sérieux afin de contre balancer les études maisons des industriels et de possibles manipulations» conclut le MDRGF.

L’AESA considère quant à elle, par la voix de sa directrice exécutive, Catherine Geslain-Lanéelle, que « les allégations du PAN Europe ne sont pas fondées et ne représentent pas les faits». Traditionnellement, les études étaient conduites et payées par les industriels. Avec la nouvelle réglementation, les candidats devront passer en revue la littérature existante pour le pesticide examiné. Le but de ce guide de recommandations de l’AESA est « de s’assurer qu’aucune information inappropriée soit utilisée comme étant une évidence scientifique et pour éviter que l’information scientifiquement de qualité soit exclue de l’évaluation».

Enfin, l’Agence européenne de sécurité alimentaire tient à souligner que dans ses recommandations, l’AESA « met en avant le respect des bonnes pratiques de laboratoires (BPL), mais ces bonnes pratiques ne sont pas pour autant des garanties de fiabilité. La différence entre les études BPL et les études qui ne sont pas BPL tient dans la qualité des informations de bases et potentiellement au manque d’accès possible aux données brutes de l’étude ‘non BPL’.» La bataille autour de l’évaluation des études scientifiques dans le processus d’autorisation des pesticides se poursuit donc.



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