Etude Séralini: pour l’Efsa, rien de plus qu’un «ajout utile»

Le 09 octobre 2015 par Romain Loury
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G-E Séralini et l'Efsa, une histoire qui dure
G-E Séralini et l'Efsa, une histoire qui dure
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Cela deviendrait presqu’une habitude: suite à l’étude publiée début juillet par Gilles-Eric Séralini, portant sur la contamination des aliments pour rats de laboratoire, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) s’est fendue d’un avis où elle remet en cause les conclusions des auteurs.

 

Pour l’Efsa, l’enjeu n’est pas mince: dans leur étude, le chercheur caennais et ses collègues révélaient la contamination généralisée de ces aliments par des pesticides, des OGM, des métaux lourds, des PCB et des dioxines. De quoi fausser les résultats d’évaluation de nouvelles substances, les auteurs affirmant même que leurs résultats «remettaient en cause 70 ans de tests [de toxicologie] et 250.000 produits».

Parmi les 13 aliments testés, les chercheurs faisaient ainsi état de très fréquents dépassements de la dose journalière admissible (DJA). Pour le plomb, le cadmium, les dioxines et les PCB, ils étaient même observés pour l’ensemble des 13 aliments. A partir de ces chiffres, les chercheurs, qui faisaient état d’«indices de risque» élevés, concluaient que les fréquentes pathologies survenant chez les animaux de laboratoire étaient avant tout le fait de leur nourriture, et non de leur fond génétique.

Or dans son avis publié mardi 6 octobre, l’Efsa y voit une «comparaison erronée»: la DJA ne s’applique qu’à l’homme. Elle est dérivée d’une dose maximale sans effet néfaste observable (NOAEL) chez l’animal -généralement le rat ou la souris-, à laquelle est appliquée un facteur d’au moins 100. Il n’y a donc pas de raison, selon l’Efsa, que ces animaux développent des maladies lorsqu’une contamination dépasse la DJA.

OGM: l’étrange défense de l’Efsa

Autre point critiqué par l’autorité, la présence d’OGM dans les aliments: 11 sur 13 aliments de laboratoire en contenaient, à des taux allant jusqu’à 48%, et sans étiquetage systématique. Etrange réaction de l’Efsa: celle-ci rappelle que le seuil de 0,9%  (au-delà duquel l’étiquetage devient obligatoire) n’est pas un seuil de sécurité, mais ne dit rien sur le fait que plusieurs de ces produits n’étaient pas étiquetés GM alors qu’ils auraient dû l’être.

L’ensemble des OGM retrouvés dans les aliments «ont été pleinement évalués par l’Efsa et se sont avérés de même niveau de sûreté et de qualité nutritionnelle que leurs équivalents non-GM», ajoute l’autorité.

Une «sûreté» qui repose sur des tests d’une durée de seulement 3 mois, contre 2 ans lors d’une étude de 2012, très médiatisée, de Gilles-Eric Séralini. Autre problème soulevé par les chercheurs, mais dont ne parle pas l’Efsa: ces aliments GM sont utilisés comme contrôles lors de tests visant à évaluer d’autres OGM. Ce qui, d’un point de vue méthodologique, soulève quelques interrogations.

Conclusion de l’Efsa, l’étude de Gilles-Eric Séralini constitue «un ajout utile» à la littérature déjà disponible sur le sujet, mais ne saurait remettre en cause la validité des tests d’évaluation menés dans l’Union européenne (UE). «Bien sûr que notre étude ne peut rien changer: si c’était le cas, ces organismes seraient obligés de revoir tous leurs tests!», réagit Joël Spiroux de Vendômois, co-auteur de l’étude et président du Criigen, contacté par le JDLE.

Selon lui, l’Efsa, «complice d’une intoxication généralisée de la population», «s’enterre»: «c’est une réponse d’autorité, pas une réponse scientifique». Seule solution pour Joël Spiroux de Vendômois, s’assurer que les tests soient menés avec des rats «élevés en bio depuis plusieurs générations».



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