Etude Elfe: alertez les bébés!

Le 17 juin 2011 par Geneviève De Lacour
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Pendant 20 ans, 20.000 enfants seront suivis par une soixantaine d’équipes de chercheurs pour connaitre l'influence de l'environnement sur leur vie.

L’étude, inédite, baptisée Elfe pour Etude longitudinale française depuis l’enfance, a pour but de mieux comprendre l'impact de l'environnement -de la pollution intérieure et extérieure à l'alimentation, en passant par les inégalités devant les soins de santé- sur l'évolution de ces enfants.

2.800 familles se sont déjà engagées à participer et trois autres campagnes de recrutement sont programmées fin juin-début juillet, en septembre-octobre et en novembre-décembre dans 344 maternités publiques et privées tirées au sort.

A la maternité, les femmes donneront un peu d'urine et de lait. Du sang dans le cordon ombilical du bébé et un peu de ses premières selles seront prélevés. Ces premiers échantillons permettront de mesurer le taux d’imprégnation des mamans et de leur nourrisson concernant certains polluants. Au bout de deux mois, les mères devront répondre à un long questionnaire sur leurs habitudes, leurs conditions de vie, jusqu'à la qualité de leur parquet et de leur peinture, en passant par les pratiques alimentaires, les difficultés d’apprentissage, le développement moteur, affectif, du langage, etc.

L’enquête se répètera chaque année jusqu'à l'âge de trois ans, où une visite à domicile est programmée, avec un petit test de développement sur ordinateur pour l'enfant. Vers 7 ou 8 ans, un test médical sera proposé, avec notamment des mesures de la fonction respiratoire. Parallèlement, des évaluations scolaires seront réalisées. Ensuite, «on pourra directement interroger l'enfant, la façon dont il se sent à l'école, les relations avec les amis, et il y aura probablement un examen médical à la puberté», explique Marie-Aline Charles, médecin épidémiologiste à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), qui pilote l'étude. Mais les entretiens se feront plus espacés jusqu’à l’âge de 20 ans.

«L'un des grands objectifs de l’enquête est de voir l'influence de certains polluants, comme les phénols, les phtalates ou les pesticides, sur l'enfant», indique l’épidémiologiste. «Certaines de ces substances ont des activités perturbatrices endocriniennes qui seraient responsables de troubles de la reproduction. Ils sont très présents dans notre environnement, sans conséquence sur la santé d'un adulte, mais sur un organisme en plein développement, un fœtus ou un jeune enfant, on se pose des questions...», poursuit-elle.

Nathalie Kosciusko-Morizet qui, hier 16 juin, recevait au ministère chargé de l’écologie les premières familles participant à l’étude, a déclaré pour l’occasion: «Ce programme est unique en France, ambitieux par son ampleur et par le nombre de données que l'on recueille».

Les premiers résultats pourraient arriver assez vite et porteront sur l'impact des «variations de poids de la maman avant la grossesse sur la croissance du fœtus», affirme Marie-Aline Charles.

La deuxième «vague» d'enfants sera recrutée entre le 27 juin et le 4 juillet prochain, et ainsi de suite, jusqu'à parvenir au total de 20.000. Un chiffre très élevé, pour que les défections, inévitables en 20 ans, ne perturbent pas le cours de l'étude. «On aimerait qu’il en reste encore 10.000 à la fin», précise l’épidémiologiste.

 


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