ETS: le bras de fer UE-Chine continue

Le 12 mars 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Moins d'A 380 chinois ?
Moins d'A 380 chinois ?

 

C’est la grande nouvelle de la journée. Dimanche 11 mars, plusieurs médias européens ont publié une lettre appelant les dirigeants européens à revoir leur stratégie climatique.

 

Signé par les dirigeants d’Airbus, Air Berlin, Air France, British Airways, Iberia, Lufthansa, Virgin Atlantic et les équipementiers Safran et MTU, ce courrier appelle la Commission à trouver un compromis «pour réduire l’impact [de l’ETS, ndlr] pour les pays tiers sans pour autant diminuer son intégrité environnementale».

 

En clair, les industriels du secteur aérien ne veulent pas d’une guerre commerciale avec la Chine. Beijing est en effet très en pointe dans le combat mené par une trentaine d’états contre l’inclusion du transport aérien dans le système communautaire d’échange de quotas d’émission de GES, entrée en vigueur le 1er janvier.

 

Bruxelles a toujours indiqué être prête à amender l’ETS au cas où les pays tiers prendraient des mesures nationales comparables pour réduire l’empreinte carbone des transporteurs aériens.

 

Cet appel est lancé quelques jours à peine après que Louis Gallois, le patron d’EADS, a affirmé que le gouvernement chinois refusait d’approuver une commande de 45 appareils (10 A380 et 35 A330), en représailles de l’extension de l’ETS. Un manque à gagner de 9,13 milliards d’euros (12 milliards de dollars) pour les entreprises européennes.

 

Comme souvent, la Chine n’a pas répondu d’une seule voix. En fin de semaine dernière, un responsable de la régulation du transport aérien chinois démentait toute mesure de rétorsion à l’égard des Européens. Quelques heures plus tard, le nouvel ambassadeur chinois près l’Union européenne distillait une autre version.

 

Wu Hailong estime que quand les compagnies chinoises sont frappées par cette mesure, «il est censé pour elles de se tourner vers Boeing. Il n'est pas raisonnable d'imposer une taxe carbone (à des compagnies non européennes) quand l'avion est fabriqué par une compagnie européenne», a-t-il encore déclaré.

 

Pour mémoire, selon l’indice allemand Atmosfair, les compagnies aériennes signataires de l’appel à la mesure sont loin d’être exemplaires en matière d’émission de gaz à effet de serre.

 

En prenant en compte l’âge des flottes, le type de moteur, le taux de remplissage des avions et d’éventuelles mesures de compensation, Atmosfair classe Iberia en 25e position mondiale, Air France en 37e, Lufthansa en 52e place. Loin devant Virgin qui pointe en 99e position. 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus