ETS: Bruxelles répond à la Chine

Le 07 février 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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La Chine va-t-elle déclarer la guerre commerciale à l’Europe pour quelques euros? On est tenté de le croire tant la tension est grande entre Beijing et Bruxelles, suite à l’inclusion de l’aviation commerciale dans le système communautaire d’échange de quotas d’émission de gaz à effet de serre (ETS).

Lundi 6 février, le gouvernement chinois a interdit à ses compagnies aériennes de participer à l’ETS [JDLE]. Sous son impulsion, les 26 pays qui, au sein de l’organisation de l’aviation civile internationale, contestent la mesure européenne, se retrouveront le 21 février à Moscou pour tenter de trouver une parade à l’unilatéralisme communautaire.

Pour calmer le jeu, la commissaire à l’action climatique a rappelé les coûts réels de la réduction d’émission de CO2 imposée par l’Europe aux transporteurs aériens. Sur son blog, Connie Hedegaard indique que, cette année, 85% des quotas seront alloués gratuitement aux compagnies aériennes. Ce taux passera progressivement à 82% d’ici à 2020. Les compagnies sont libres de répercuter le coût des quotas sur le prix de leurs billets d’avion. Mais globalement, ce surcoût carbonique doit osciller entre 2 et 12 euros par billet, selon la durée du vol.

S’adressant aux pays leaders de la contestation, l’ancienne ministre danoise de l’énergie et du climat rappelle qu’un aller simple entre Paris et Beijing émet environ 627 kilogrammes de CO2 par passager. Au prix actuel du quota, cela augmenterait le prix du billet de 7,52 €. Or, rappelle Connie Hedegaard, les compagnies n’étant tenu d’acheter que 15% de leur volume de quotas, le renchérissement du billet ne sera que de 1,5 €.

L’argument n’a toutefois pas convaincu les compagnies membres de l'Association internationale du transport aérien (Iata), réunies aujourd’hui à Bruxelles.

«Les gouvernements voient dans cette mesure unilatérale une atteinte à leur souveraineté et considèrent qu'elle va provoquer des ‘distorsions du marché», explique Tony Tyler, directeur général du lobby aérien.

La mesure fait presque l'unanimité contre elle. 26 des 36 membres de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) la contestent. «Au moins 43 pays, dont les principaux partenaires commerciaux de l'UE, Inde, Japon, Chine et Afrique du Sud, y sont fermement opposés», soutient Tony Tyler.

«Les compagnies européennes risquent d'être la cible de mesures de rétorsion», estime-t-il.

L'Union européenne reste intransigeante. «Nous ne céderons pas au sujet de notre législation», soutient le porte-parole de la commissaire pour l’action climatique, Isaac Valero-Ladron.
 



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