- 

Etoiles de mer: l’épidémie américaine enfin expliquée

Le 18 novembre 2014 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Une astérie atteinte par le SSWD
Une astérie atteinte par le SSWD
DR

Depuis juin 2013, une vingtaine d’espèces d’étoiles de mer meurent en masse sur la côte pacifique nord-américaine. Longtemps inexpliqué, ce syndrome du dépérissement de l’étoile de mer vient d’être imputé à un virus, le premier identifié chez ces échinodermes.

 

Après de premiers cas recensés dans en juin 2013 dans l’Etat de Washington, la Sea Star Wasting Disease (SSWD) s’est rapidement répandu à l’ensemble de la côte pacifique, de l’Etat de Basse-Californie au Mexique jusqu’au sud de l’Alaska. Et la maladie n’est pas belle à voir: l’étoile de mer, également appelée astérie, ramollit progressivement, au point de perdre ses bras, puis de mourir.

Si quelques épisodes de mortalité massive sont survenus depuis les années 1970 aux Etats-Unis, celle en cours pourrait bien être la plus violente épidémie marine de tous le temps, aussi bien par son ampleur géographique que par le nombre d’espèces et d’individus touchés.

De nombreuses hypothèses ont été évoquées, dont celle du réchauffement climatique, d’une acidification de l’eau, voire de tempêtes plus violentes ou d’un manque de nutriments. Plus convaincante, l’hypothèse infectieuse vient de marquer un point décisif, grâce aux travaux publiés par Ian Hewson, microbiologiste à la Cornell University (Etat de New York), et ses collègues dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS).

A l’origine de cette piste, le fait que plusieurs aquariums eux-mêmes ont été touchés, à l’exception de ceux stérilisant l’eau de mer par les ultraviolets. Restait toutefois à identifier le pathogène en cause: virus, bactérie ou parasite? Virus, selon l’étude.

L’oursin et l’ophiure comme réservoirs

Pour montrer cela, les chercheurs ont broyé des échantillons d’étoiles de mer malades, les passant à travers un filtre ultrafin ne gardant que les particules de taille virale. Injecté à des étoiles de mer saines, ce mélange provoquait la maladie en une dizaine de jours.

Après séquençage, les chercheurs ont identifié ce nouveau virus, qu’ils ont baptisé SSaDV, pour Sea Star-Associated Densovirus. Surprise, ce virus, le premier identifié chez des astéries, était retrouvé non seulement dans l’eau de mer et dans les sédiments de zones affectées, mais aussi chez d’autres invertébrés marins.

Parmi eux, les oursins et les ophiures, proches cousins des astéries, que le SSaDV pourrait utiliser comme réservoirs sans les rendre malades. Ce qui fait craindre une persistance dans le milieu marin, même après disparition des étoiles de mer.

Lors d’une analyse de spécimens de muséum naturel, la présence du SSaDV a été observée jusqu’en 1942, bien qu’à faible niveau. Difficile de comprendre pourquoi le virus est soudain devenu si dangereux: selon les chercheurs, cette virulence pourrait être due à des mutations génétiques, à une surpopulation d’étoiles de mer… voire à des changements environnementaux.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus