Etiquetage nutritionnel: un nouveau «French Paradox»

Le 04 avril 2012 par Romain Loury
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Pas besoin de lire l'étiquette pour savoir ce qui est bon.
Pas besoin de lire l'étiquette pour savoir ce qui est bon.

Les Américains et les Canadiens sont bien mieux informés que les Français de la teneur en graisses des aliments, une connaissance qui ne les protège pourtant pas du surpoids, selon une étude publiée dans le British Food Journal.

A travers ces trois pays, ce sont deux modèles d’étiquetage que l’équipe internationale [1] a comparés: d’un côté, le modèle nord-américain, avec des recommandations précises et de nombreuses informations nutritionnelles; de l’autre, le modèle français, «approche culturelle» à l’étiquetage nutritionnel moins prééminent, reposant sur de grandes campagnes de prévention, dont la fameuse «Manger Bouger» du programme national Nutrition-santé (PNNS).

Conséquence: les Nord-Américains sont bien plus au courant de la teneur lipidique de leurs aliments, selon les résultats d’un questionnaire adressé à 330 personnes de ces trois pays. Qu’il s’agisse de la teneur en graisses d’un aliment, de celle en acides gras saturés ou –point plus technique- de la proportion d’acides gras saturés dans l’ensemble des graisses, les Français s’avèrent bien moins savants.

Sur l’ensemble des produits testés -beurre allégé ou non, lait entier, demi-écrémé ou écrémé, margarine, huiles de tournesol et d’olive, poisson et viande-, ils sont 42,7% à avouer ne pas connaître la teneur en matières grasses, contre seulement 4,3% des Américains et 12,5% des Canadiens. Et parmi ceux disant connaitre la réponse, les Nord-Américains sont plus proches des chiffres réels.

Même divergence quant à la connaissance des divers lipides: 6% des Canadiens, 9% des Américains et 17% des Français admettent ignorer s’il est conseillé de réduire son apport en acides gras saturés, en acides gras insaturés ou s’il ne faut en modifier aucun.

Selon les auteurs, le niveau de connaissance nutritionnelle est certes meilleur en Amérique du Nord, mais il pourrait entraver une vision plus globale de l’alimentation. Voire engendrer une «confusion» contre-productive: pour preuve, les chiffres du surpoids et de l’obésité, qui en 2006 touchaient 41,6% des Français et 70,8% des Américains. Signe pour les chercheurs d’un nouveau «French Paradox», en référence au phénomène selon lequel les Français meurent moins de maladies cardiovasculaires malgré une alimentation plus riche.

«L'écart entre les connaissances dans les trois pays s'explique essentiellement par le fait que les Français ne se soucient pas des nutriments contenus dans les aliments qu'ils consomment. Ces informations figurent sur les emballages, mais ils ne les lisent pas», explique l’un des auteurs de l’étude, Maurice Doyon, dans un communiqué de l’université Laval à Québec. En termes de message, «il faudrait peut-être recentrer l'information sur ce qu'est un repas sain, complet et équilibré», conclut-il.

[1] Cette étude est le fruit d’une collaboration entre l’université Laval (Québec), le Centre de recherche de l’Institut Paul Bocuse (Ecully, près de Lyon), l’Ecole nationale supérieure de génie industriel (ENSGI, Grenoble) et la Cornell University (New York).

 



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