Etiquetage nutritionnel: le plus, ennemi du mieux

Le 19 juin 2013 par Romain Loury
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Trop d'informations tue l'information
Trop d'informations tue l'information

L’attention accordée à l’étiquetage nutritionnel d’un produit alimentaire dépend en grande partie de son agencement sur le devant de l’emballage, selon une étude néerlando-danoise publiée dans la revue Food Policy.

Publié en 2011, le règlement européen concernant l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires vise à harmoniser les pratiques au sein de l’UE, en fixant une liste des éléments à indiquer. Effort louable, mais qui laisse une grande marge de manœuvre aux industriels, notamment sur l’agencement de l’information. Or celui-ci aurait une grande influence sur l’attention qu’y porte le consommateur, révèlent Svetlana Bialkova, spécialiste des relations entre industrie et consommateurs à l’université d’Aarhus (Danemark), et ses collègues.

Leur étude a consisté à présenter à 18 volontaires diverses variantes d’un emballage de yaourt à la framboise (Activia de Danone), puis à leur demander s’il portait un logo nutritionnel, par exemple du type «apports journaliers recommandés». L’attention était évaluée selon le temps de réflexion à la question posée -présence ou non d’un logo nutritionnel, éventuellement leur nombre-, qui était en général de quelques centaines de millisecondes.

Entre autres enseignements, l’étude révèle que la densité de l’information s’avère l’une de ses pires ennemies: lorsqu’un autre élément nutritionnel (dit «distracteur», par exemple sur le bifidus, ou du type «0% de matières grasses») est placé à proximité du logo d’intérêt, l’attention du consommateur diminue systématiquement. La position sur l’emballage compte également, avec plus d’attention accordée au logo lorsqu’il se situe en haut plutôt qu’en bas.

Plus surprenant, les logos «apports journaliers recommandés» sont moins rapidement analysés lorsqu’ils comportent plusieurs couleurs. S’il ne conforte pas le modèle du feu tricolore, ce résultat, a priori contre-intuitif, s’expliquerait par le temps supplémentaire qu’il faut au cerveau pour «digérer» les couleurs, avec un plus grand nombre de zones cérébrales impliquées.

«D’un point de vue réglementaire, [cette étude] pointe non seulement le besoin d’une standardisation de l’étiquetage nutritionnel, mais aussi du contexte dans lequel il apparaît [sur l’emballage]. D’autant plus que l’information nutritionnelle n’est qu’un seul des éléments présents sur l’étiquetage: elle entre en compétition avec les allégations de santé, l’origine géographique et la date limite de consommation», concluent les chercheurs.

 



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