Etiquetage: la France pourrait passer aux feux

Le 25 octobre 2012 par Romain Loury
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Le food labelling, ça peut être simple.
Le food labelling, ça peut être simple.

Le ministre délégué chargé de l’agroalimentaire, Guillaume Garot, a annoncé mi-octobre vouloir modifier l’étiquetage des aliments, éventuellement par un système de feux tricolores qui ne ravit pas les industriels. «Aujourd'hui, pour comprendre une étiquette nutritionnelle, il faut quasiment être ingénieur chimiste», a jugé le ministre, interrogé le 16 octobre par Europe 1. Un manque de clarté qui ne facilite pas la prévention de l’obésité, toujours à la hausse [1].

Selon la radio, des négociations avec les industriels devraient débuter «dans la première quinzaine du mois de novembre pour un accord attendu début 2013». Parmi les grandes lignes de ce futur «pacte», «nous allons travailler sur l’étiquetage pour que l’information donnée aux consommateurs soit plus simple, plus compréhensible», prévoit le ministre.

Peut-être à l’aide de feux tricolores pour pointer les aliments plus ou moins sains, ou de mentions du type «conçu avec moins de sucres», a-t-il ajouté. Autre piste de réflexion, «changer les recettes pour qu’il y ait moins de sucre, moins de sel, moins de graisse», notamment dans les produits les plus suspects, tels que biscuits, snacks et apéritifs, avance Guillaume Garot. Selon Europe 1, «une date-butoir pourrait être fixée et des objectifs chiffrés seraient à atteindre».

Ces déclarations n’ont plu que modérément à l’Association nationale des industries alimentaires (Ania), qui a décidé de bouder l’inauguration du Salon international de l’alimentation (Sial 2012) dimanche dernier 21 octobre. «Plutôt que de soutenir et de valoriser le secteur, Guillaume Garot a fait cette semaine des déclarations extrêmement critiques pour notre industrie, en passant sous silence les actions très positives engagées en matière de nutrition depuis plusieurs années», se plaint-elle dans un communiqué.

Autre cause de fâcherie pour l’Ania, les «taxes punitives» mises en place par l’Etat: sur les bières pour la dernière en date, après les sodas et les spiritueux en début d’année -et peut-être bientôt sur les boissons énergisantes. «Si le gouvernement continue à ne voir dans nos industriels qu’une source inépuisable de taxes et à mépriser nos produits comme si nous étions des empoisonneurs, nous aurons du mal à convaincre ces derniers de continuer à investir et développer leurs activités en France», lance le président de l’Ania.

La France n’est pas la seule à penser aux feux tricolores. Au Royaume-Uni, pays où plusieurs distributeurs les ont déjà instaurés (dont le premier, Tesco, en janvier 2005), le ministère de la santé a annoncé, le 23 octobre, la mise en place d’un système uniformisé pour l’été 2013. Situé sur l’avant de l’emballage, cet étiquetage comportera un code couleur et mentionnera les apports quotidiens conseillés. Tant qu’un tel système n’est pas mis en place au niveau de l’UE, il ne peut être, au niveau national, que sur une base volontaire.

Le ministère britannique s’avère plutôt confiant à ce sujet, indiquant qu’il va maintenant s’atteler aux détails techniques (logos, informations, etc.) avec les industriels. Ceux-ci ne se montrent pas complètement sereins. Interrogée par l’agence britannique Food Manufacture, la directrice générale de la Provision Trade Federation [2], Clare Cheney, craint que les gens ne se détournent de certains aliments, par exemple qu’ils «en viennent à penser que des aliments comme le fromage [riche en matières grasses, ndlr] n’ont après tout aucun bénéfice nutritionnel».

[1] L’épidémie d’obésité semble ralentir, selon les récents résultats de l’étude Obépi (voir le JDLE).

[2] La PTF est une association britannique d’industriels des produits laitiers, mais aussi du bacon, du jambon et des conserves.



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