Eternit, où en est-on du procès italien de l’amiante?

Le 04 mai 2011 par Geneviève De Lacour
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La Journée mondiale des victimes de l’amiante qui avait lieu jeudi 28 avril dernier a été l’occasion de rappeler que le procès de la firme internationale Eternit se poursuit en Italie.
 
1.800 personnes sont décédées de l’amiante. Elles viennent toutes de 4 villes italiennes (Casale Monferrato, Cavagnolo, Bagnoli et Rubiera) ayant hébergé une usine Eternit des années 1960 aux années 1990. 75% des familles qui se sont portées parties civiles au procès sont originaires de la ville de Casale Monferrato, dans le Piémont, où l’usine Eternit a produit des matériaux en amiante-ciment jusqu’en 1986, date à laquelle la société a fait faillite.
 
Au total, 6.000 familles se sont donc portées partie civile au procès qui s’est ouvert le 6 avril 2009 (1) à Turin. Les anciens patrons du groupe, le Suisse Stephan Schmidheiny et le Belge Louis de Cartier de Marchienne sont accusés d’avoir provoqué des centaines de morts, par omission des normes de sécurité et un «désastre environnemental permanent».
 
Les réquisitions et plaidoiries sont prévues pour juillet. «Le jugement devrait être rendu au 4e trimestre de l’année», précise Jean-Paul Teissonnière, l’un des avocats des parties civiles. «Nous espérons que le procès aboutira», complète l’avocat.
 
«Une cour pénale internationale pour les crimes sociaux et environnementaux serait plus adaptée pour ce genre d’affaire transnationale», ajoute Jean-Paul Teissonnière qui défend les travailleurs de l’amiante depuis de nombreuses années et qui a rejoint un collège d’avocats européens dans ce procès Eternit. «Elle permettrait, par exemple, que des ouvriers turcs victimes de silicose par sablage des jeans puissent attaquer les donneurs d’ordre situés en dehors de Turquie
 
«Avec ce procès, une nouvelle étape dans le droit de la sécurité au travail pourrait être franchie. Très souvent, le droit pénal du travail se borne à poursuivre les chefs d’établissement ayant des délégations de pouvoir, qui interdisent donc de remonter plus haut. Ici, la justice italienne est parvenue à toucher les dirigeants d’un groupe transnational. Il est clair qu’il s’agit d’un procès exemplaire», conclut l’avocat.
 
(1)JDLE Amiante: ouverture du procès contre Eternit en Italie



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