Etats-Unis: vers la fin des antibios comme promoteurs de croissance

Le 31 mars 2014 par Romain Loury
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Au moins 2 millions d'Américains sont touchés par les bactéries antibiorésistantes
Au moins 2 millions d'Américains sont touchés par les bactéries antibiorésistantes

Aux Etats-Unis, il sera peut-être bientôt interdit d’utiliser des antibiotiques comme promoteurs de croissance dans les élevages animaux, un usage qui favorise l’antibiorésistance. C’est du moins ce à quoi 25 laboratoires pharmaceutiques se sont engagés, a annoncé la Food and Drug Administration la semaine dernière.

Selon les centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), les bactéries antibiorésistantes toucheraient chaque année au moins 2 millions d’Américains, et en tueraient 23.000, pour un coût sanitaire estimé à 20 milliards de dollars (voir le JDSA). La faute à un usage très peu contrôlé des antibiotiques dans les élevages animaux, qui accaparent 74% des antibiotiques consommés chaque année dans le pays.

Car outre leur usage thérapeutique, les antibiotiques sont utilisés à des doses sous-optimales, dilués dans l’eau ou dans les aliments, non seulement afin de prévenir les maladies lorsqu’un animal est malade, mais aussi comme promoteurs de croissance –ces médicaments, probablement en perturbant la flore intestinale, ont en effet tendance à faire grossir. Ce dernier usage est totalement interdit dans l’UE depuis 2006.

Or les Etats-Unis semblent s’acheminer vers une fin de l’usage promoteurs de croissance, contre lequel s’érigent de nombreuses associations de défense du consommateur. Plutôt qu’une contrainte réglementaire, la Food and Drug Administration (FDA) a pour cela choisi une démarche volontaire, qui a certes suscité pas mal de doutes quant à son efficacité, mais semble au final intéresser les entreprises.

 

Fin des promoteurs de croissance, sortie de l’OTC

En décembre dernier, l’agence a en effet proposé aux laboratoires pharmaceutiques un plan de réduction des antibiotiques, leur demandant de retirer à leurs produits toute indication relative à la production de l’élevage, voire de n’autoriser les autres usages (thérapeutique, préventif, contrôle d’une maladie) que sur prescription d’un vétérinaire, et non en vente libre («over-the-counter», OTC).

Trois mois plus tard, 25 des 26 laboratoires visés par ces mesures se sont engagés à suivre ce plan, soit l’équivalent de 99,6% des médicaments ciblés par la FDA. Parmi eux figurent plusieurs laboratoires impliqués dans la santé humaine, tels Novartis, Bayer, Eli Lilly et Boehringer Ingelheim. La seule entreprise ayant refusé est la norvégienne Pharmaq, qui dispose d’un mélange antibiotique réservé aux poissons d’élevage, mais pas comme promoteurs de croissance.

Dans la plupart des cas, il ne s’agit pour l’instant que d’engagements. Une fois ceux-ci transformées en démarches officielles, ils seront inscrits sur une liste publiée sur le site de la FDA.

Très impliquée dans la lutte contre l’antibiorésistance, l’association Pew Charitables Trust s’est félicitée de cette étape «très encourageante». Reste à savoir quel sera son impact réel, car du fait de la surdensité des élevages –et donc d’un risque sanitaire-, le problème du contrôle des maladies va continuer à se poser dans les élevages. Et ce que les antibiotiques soient placés sous le contrôle d’un vétérinaire ou qu’ils demeurent en vente OTC.



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