Etats-Unis: scandale autour du chrome

Le 27 février 2006 par Claire Avignon
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L'industrie américaine qui utilise le chrome aurait fait obstruction à la mise en place d'une norme pour la santé des travailleurs. La presse américaine remet également en cause les pouvoirs publics qui auraient été les complices des industriels.

Dans un commentaire publié par Environmental health, des chercheurs de l'université George Washington accuse l'industrie d'avoir orchestré une campagne pour affaiblir les futures normes de santé au travail concernant le chrome hexavalent. Une réglementation qui devrait toucher 380.000 travailleurs américains, essentiellement de la galvanoplastie, de l'aérospatiale, de la fabrication de l'acier inoxydable et de la teinture. Selon les scientifiques américains, «alors que l'exposition au chrome hexavalent est associée à une hausse du risque de cancer du poumon depuis plus de 50 ans, la substance n'est actuellement pas réglementée par l'Administration de la santé et de la sécurité au travail des Etats-Unis (Osha)». En fait, l'exposition est limitée à 52 microgrammes par mètre cube (µg/m3), soit bien au-delà de ce qui est pratiqué dans les usines. L'administration américaine s'apprête enfin à proposer une nouvelle norme, mais seulement après une pétition de la puissante ONG Public Citizen en 1993, deux recours juridiques et un ordre d'une cour fédérale qui a exigé la publication d'une norme avant le 28 février 2006.

Selon le Washington Post, l'Osha a demandé à l'industrie du chrome de fournir des données sur les travailleurs faiblement exposés, afin de déterminer la limite d'exposition. L'industrie n'a jamais rien renvoyé alors qu'une étude a bien été menée dans 2 usines situées aux Etats-Unis et en Allemagne. L'étude a d'abord montré un risque de cancer du poumon 5 fois plus élevé pour des expositions entre 1,2 et 5,8µg/m3. Cependant, les chercheurs impliqués n'ont jamais publié ces résultats et ont modifié les groupes exposés (en séparant le groupe allemand et américain). Les publications scientifiques ont alors conclu à une absence de risque, sauf pour les travailleurs les plus exposés. L'industrie du chrome se défend d'avoir fait pression sur les scientifiques. Ils auraient effectué cette modification du fait que l'exposition au chrome a été calculée en enregistrant les taux dans l'air pour les usines américaines, et dans l'urine pour les usines allemandes.

L'affaire ne s'arrête pas là. Car l'Osha serait sur le point de présenter une norme qui ne respecterait pas les critères habituels. D'après le Los Angeles Times, l'administration qui avait d'abord prévu de limiter l'exposition au chrome hexavalent à 1 µg/m3, devrait finalement établir la norme à 5 µg/m3, c'est-à-dire à une exposition où le risque de cancer du poumon est 5 fois plus élevé que pour les personnes non exposées. La norme la plus stricte impliquerait statistiquement des morts attribuables au chrome de 2 à 9 travailleurs exposés sur une période de 45 ans. Celle de 5 µg/m3, entre 10 et 45 décès. Or l'Osha place généralement la limite à 1 mort attribuable pour 1.000 employés exposés. Là encore, l'industrie aurait fait pression, déclarant que la limite à 1 µg/m3 coûterait 5 milliards de dollars par an à l'industrie, et entraînerait la fermeture de plus de la moitié des magasins d'articles plaqués par galvanoplastie. Réponse le 28 février.






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