Etats-Unis: premières plaintes contre le glyphosate

Le 19 octobre 2015 par Romain Loury
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Le glyphosate face à la justice
Le glyphosate face à la justice
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Aux Etats-Unis, les plaintes en justice contre le glyphosate, herbicide rendu sous le nom de RoundUp par Monsanto, s’accumulent. En cause, son classement en «cancérogène probable» par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), en mars.

Pour Monsanto, 2015 restera décidément un «annus horribilis»: fortement affectée par la chute du prix des semences, la firme américaine a annoncé début octobre la suppression de 2.600 emplois (environ 13% de son effectif) au cours des 18 à 24 prochains mois.

En mars, le Centre international de recherche sur le cancer (Circ, branche de l’Organisation mondiale de la santé) a classé l’un de ses produits phares, le glyphosate (premier herbicide vendu dans le monde), comme cancérogène probable. Et en France, le procès gagné en appel en septembre par l’agriculteur Paul François contre l’insecticide Lasso a aussi constitué pour Monsanto un nouveau coup dur.

Pour revenir au glyphosate, la firme, qui clame l’innocuité de son produit aux doses homologuées, pourrait bien aller au-delà de nouveaux problèmes judiciaires aux Etats-Unis. Après de premières plaintes déposées en septembre en Californie et à New York, le feu s’étend à d’autres Etats, dont le Colorado et le Delaware. Dans la plupart des cas, il s’agit d’anciens salariés agricoles atteints de leucémie ou de lymphome non hodgkinien après avoir été en contact avec l’herbicide.

Pour les avocats, un sujet prometteur

Le malheur des uns faisant parfois le bonheur des autres, plusieurs cabinets d’avocats proposent sur leur site internet un bilan gratuit afin d’évaluer, en fonction du diagnostic médical, la possibilité d’une plainte contre Monsanto. Représentant d’ores et déjà 50 clients, le cabinet McDivitt, du Colorado, va jusqu’à organiser des réunions publiques dans des mairies de grands Etats agricoles, dont l’Iowa, le Nebraska, le Kansas et le Missouri, afin d’y recruter de nouveaux clients.

Si McDivitt s’en tient au lymphome non hodgkinien, à la maladie de Hodgkin, au myélome multiple et aux sarcomes des tissus mous, d’autres ont élargi la liste aux cancers du pancréas, du rein et de la peau. Basé à Washington DC, le cabinet Schmidt & Clark va plus loin, en ciblant 39 effets imputés au RoundUp, du cancer du poumon aux maladies cardiaques, en passant par le diabète, la maladie de Charcot, les fausses-couches et la dépression.

Si l’affaire se développe, elle pourrait fort bien rappeler celle à laquelle Monsanto est confrontée pour avoir produit des PCB jusqu’à la fin des années 1970. A ce jour, la firme fait l’objet d’au moins 700 plaintes déposées par des personnes atteintes d’un lymphome non hodgkinien, indique l’agence Reuters.



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