Etats-Unis: nouvelle estimation des fuites de méthane

Le 10 décembre 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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On compterait 3 millions de puits de pétrole ou de gaz abandonnés aux USA.
On compterait 3 millions de puits de pétrole ou de gaz abandonnés aux USA.
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Le début de l’hiver est décidément peu favorable à l’industrie pétrolière américaine. Après la dégringolade des prix mondiaux du brut, laquelle réduit la rentabilité de l’exploitation des gaz et pétrole de schiste américains, voilà que s’alourdit l’empreinte climatique du Big Oil.

Huit chercheurs de l’université Princeton ont estimé les fuites de méthane (puissant gaz à effet de serre) d’une cinquantaine de puits de pétrole et de gaz naturel abandonnés en Pennsylvanie. Pour cette nouvelle évaluation, les chercheurs ont collecté des échantillons d’air, durant 4 campagnes (réparties entre les mois de juillet, août, octobre 213 et janvier 2014). Echantillons, rapporte l’article publié dans la dernière édition des comptes rendus de l’académie américaine des sciences (Pnas), qui ont été ensuite analysés par spectrométrie.

traces de méthane

Les scientifiques recherchaient non seulement des traces de méthane (principal composant du gaz naturel), mais aussi la présence d’éthane, de propane, de n-butane et des isotopes de carbone. L’idée étant non seulement d’évaluer les concentrations de méthane (et leurs éventuelles concentrations dans le temps) mais aussi de déterminer l’origine de ce gaz. Un ratio élevé d’éthane signe l’origine thermogénique du méthane. En clair, ce gaz est le résultat d’un long processus comparable à celui qui produit du pétrole. Issu de la fermentation bactérienne, le gaz biogénique contient peu d’éthane. Même chose pour le carbone 13. Le gaz naturel thermogénique est, habituellement, plus riche en cet isotope du carbone que le méthane biogénique.

3 millions de puits abandonnés

Résultat: la plupart des puits rejetaient, en moyenne, 270 grammes de méthane thermogénique par jour. Pareil chiffre peut paraître faible. Il faut en réalité le multiplier par le nombre considérable de puits pétroliers ou gaziers abandonnés par leurs exploitants. Des chercheurs de l’université Stanford chiffrent à 3 millions le nombre de puits ainsi laissés à l’abandon, dont 300.000 à 500.000 dans la seule Pennsylvanie.

A supposer que les débits de fuites soient les mêmes partout, les scientifiques de Princeton estiment qu’elles pourraient représenter l’équivalent de 10% des émissions anthropiques américaines de méthane: autant que les fuites officiellement comptabilisées par l’industrie pétrogazière. Problème: ces nouveaux rejets de méthane ne sont pas comptabilisés dans l’inventaire national d’émissions. Et pendant sa courte durée de vie, le pouvoir de réchauffement global du méthane est 80 fois plus important que celui du gaz carbonique.



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