Etats-Unis: moins d’enquêtes poussées sur les infections alimentaires

Le 03 avril 2013 par Romain Loury
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Les autorités US s'intéressent à d'autres risques.
Les autorités US s'intéressent à d'autres risques.

Bien qu’en baisse aux Etats-Unis, les toxi-infections alimentaires collectives (Tiac) y font de moins en moins l’objet d’enquêtes poussées par les autorités sanitaires, déplore le Center for Science in the Public Interest (CSPI), grande association américaine de consommateurs, dans un rapport publié fin mars.

Nul doute, la sécurité sanitaire des aliments a fortement progressé aux Etats-Unis: entre 2000 et 2010, le nombre de cas groupés de toxi-infections rapportés aux centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) a baissé d’environ 40%, pour atteindre environ 820 sur la dernière année. Selon le CSPI, c’est là l’effet de meilleures pratiques, notamment l’adoption de programmes HACCP (Hazard Analysis Critical Control Point) par les industries des fruits de mer et des viandes (bœuf, porc, volaille), celles qui enregistrent les plus grands progrès.

Mais c’est un autre chiffre qui inquiète le CSPI: de 46% en 2001, le taux de cas groupés ayant fait l’objet d’une enquête complète, c’est-à-dire ceux dont on a pu déterminer aussi bien le pathogène que l’aliment concerné, est tombé à 33%. Ce qui laisse planer des doutes quant aux moyens financiers et humains affectés à la tâche.

Outre l’effet récent de la crise, le CSPI y voit un «détournement d’attention» des autorités vers d’autres thématiques, notamment la pandémie de grippe H1N1 en 2009 et la lutte contre la menace bioterroriste, née dans le sillage du 11-Septembre. Autre explication, de nouveaux tests permettant un diagnostic rapide, mais sans mise en culture des pathogènes, ce qui rend plus difficile d’établir un éventuel lien entre plusieurs cas d’une même maladie.

Autre constat de l’association, le nombre de cas groupés liés aux produits laitiers n’a pas sensiblement évolué au cours de la décennie 2000, avec même une légère augmentation vers la fin, que le CSPI impute à une consommation plus fréquente de produits non pasteurisés. Sans aucun progrès, les fruits et légumes demeurent liés au plus grand nombre de cas groupés -contrairement à ce qui est observé en Europe, où ils demeurent derrière les produits d’origine animale, mais sont en hausse (voir le JDLE). Ramené au volume consommé, il reste toutefois 19,3 fois plus risqué de manger des fruits de mer qu’un fruit ou un produit laitier.



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