Etats-Unis: les moustiques se remettent du DDT

Le 08 décembre 2016 par Romain Loury
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Aedes aegypti
Aedes aegypti
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Comment expliquer la forte recrudescence de moustiques aux Etats-Unis? En grande partie par la disparition progressive du DDT, qui imprègne de moins en moins l’environnement, révèle une étude américaine publiée dans Nature Communications.

Ces cinq dernières décennies, les moustiques ont vu leurs effectifs augmenter jusqu’à 10 fois dans certains Etats américains, révèle l’étude menée par l’équipe de Marm Kilpatrick, écologue à l’University of California à Santa Cruz. Quant à la diversité d’espèces, elle a été multipliée par un facteur compris entre 2 et 4.

Parmi les nouvelles espèces, l’Aedes aegypti, qui comme le moustique tigre (Aedes albopictus), véhicule des maladies émergentes telles que le zika, la dengue et le chikungunya. Est-ce là une conséquence du réchauffement? Si celui-ci aura des effets quasi-certains sur la répartition géographique des espèces, il ne semble pas impliqué dans le boom des moustiques de ces dernières décennies.

L’effet persistant du DDT

Selon l’analyse menée par les chercheurs dans trois Etats (New York, New Jersey, Californie), son effet semble même très marginal, loin derrière l’urbanisation, la croissance démographique et le DDT. Interdit en 1972 aux Etats-Unis, le DDT, dont 600.000 tonnes ont été répandues dans le pays depuis les années 1940, a longtemps persisté dans l’environnement.

Depuis son interdiction, il y persiste, mais à des taux qui diminuent progressivement. Or les chercheurs montrent que la contamination de l’environnement par le DDT, mesurée dans des carottes de sol, est directement liée à la présence de moustiques, aussi bien en termes d’effectifs que de diversité d’espèces.

«Tout le monde savait que le DDT était un insecticide extrêmement puissant, mais nous avons été surpris par la persistance de ses effets. Dans certains zones, il a fallu 30 à 40 ans pour voir les populations de moustiques récupérer», explique Marm Kilpatrick.

Le double effet de l’urbanisation

L’effet DDT est surtout marqué à New York. Sans trop de surprise: l’insecticide y a été bien plus épandu que dans les deux autres Etats. Dans ceux-ci, l’urbanisation joue un rôle plus important: elle favorise la diversité d’espèces, mais a au contraire un effet négatif sur l’abondance -peut-être par la raréfaction des zones humides, où se développent les larves.

Quant au réchauffement, les chercheurs estiment qu’il aurait un rôle plus important aux marges de l’aire de répartition des moustiques. «Par exemple, à Washington, où Aedes aegypti est encore rare, il pourrait devenir fréquent si les hivers deviennent plus doux. Tandis qu’en Floride, il est plus probable que l’urbanisation et la démoustication [ou, à l’inverse, la disparition du DDT de l’environnement, ndlr] constituent les principaux facteurs», explique Marm Kilpatrick.



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