Etats-Unis: les biocarburants font reculer les pollinisateurs

Le 22 décembre 2015 par Romain Loury
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Quand l'agriculture tue ses alliés
Quand l'agriculture tue ses alliés
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Aux Etats-Unis, les pollinisateurs sauvages sont en fort déclin depuis une décennie, confirme une étude publiée lundi 21 décembre dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (Pnas). Problème: leur recul, en partie lié à l’essor des biocarburants, survient avant tout là où les agriculteurs ont le plus besoin d’eux.

Que ce soit à cause des pesticides, de la destruction de leur habitat, de la raréfaction de leurs ressources alimentaires, du changement climatique ou des maladies (voir le JDLE), les insectes pollinisateurs sont en crise. Et les gouvernements commencent à se mobiliser pour enrayer le phénomène, qui menace directement l’agriculture.

Lancée en 2014 par le président américain Barack Obama, une «task force» sur les pollinisateurs a fixé, en mai dernier, l’objectif de préserver au moins 7 millions d’acres (2,83 millions d’hectares) pour ces insectes. Il est plus que temps, si l’on en croit l’étude publiée lundi par Insu Koh, écologue à l’université du Vermont à Burlington, et ses collègues, travaux qui constituent la première tentative de cartographie aux Etats-Unis de la présence de pollinisateurs sauvages sur le territoire national.

23% du territoire perd ses pollinisateurs

Reposant sur des avis d’experts quant à l’abondance locale de ces insectes, l’étude révèle que 23% du territoire des 48 Etats contigus (hors l’Alaska et Hawaii) l’a vue diminuer sur la période 2008-13. Pour la plupart, il s’agit de terres de la Corn Belt [1], où la surface dédiée à la culture du maïs a triplé pendant cette période, principalement du fait des biocarburants.

Allant plus en détail, les chercheurs se sont penchés sur les relations entre offre -abondance de pollinisateurs et son évolution- et demande -besoins agricoles, en tenant compte du fait que certaines cultures sont plus ou moins dépendantes des insectes. Résultat: 106 comtés filent un mauvais coton, avec une offre en baisse et une demande en hausse -sans que l’on puisse quantifier l’écart.

Plus assez de butineuses

Parmi les Etats les plus menacés, la Californie, l’Oregon et l’Etat de Washington, du fait de leurs abondantes cultures d’amandes, de myrtilles et de pommes –respectivement. Dépendant fortement des pollinisateurs, les producteurs de citrouilles, de pastèques, de pêches et de prunes pourraient rapidement se trouver en difficulté.

L’écart entre offre et demande se creuse aussi dans les Etats favorisant des cultures moins dépendantes des pollinisateurs, telles que le soja et le colza dans le Midwest, le coton dans le nord-ouest du Texas et dans la vallée du Mississippi.

Grâce à cette cartographie, «nous pouvons désormais prédire quelles zones souffrent le plus du déclin de l’abondance de pollinisateurs sauvages, celles à offre décroissante et à demande croissante, qui doivent être la priorité de nos efforts de préservation», conclut Insu Koh.

[1] Les chercheurs évoquent 11 Etats où le maïs a connu une très forte poussée entre 2008 et 2013, à savoir: Dakota du Sud, Dakota du Nord, Illinois, Kansas, Louisiane, Minnesota, Missouri, Nebraska, Oklahoma, Texas, Wisconsin.



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