Etats-Unis: le salage des routes empoisonne le Midwest

Le 18 décembre 2014 par Romain Loury
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Les Etats-Unis addicts au sel
Les Etats-Unis addicts au sel
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Le salage des routes s’est envolé ces dernières décennies aux Etats-Unis, à un rythme plus élevé que l’urbanisation. Résultat: le chlore atteint désormais des niveaux inquiétants pour la faune aquatique, en particulier dans le Midwest, révèle une étude publiée dans la revue Science of the Total Environment.

Appliqué depuis les années 1940 pour déneiger les routes, le sel était utilisé à raison de 9,6 millions de tonnes par an dans les années 1980, puis de 19,5 millions de tonnes par an à la fin des années 2000. Or la tendance à la hausse devrait se poursuivre, craignent Steven Corsi, de l’US Geological Survey à Middleton (Wisconsin), et ses collègues.

Car le sel, en particulier le chlore qu’il contient, pollue les rivières dans lesquelles il s’écoule. Raison pour laquelle l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) a mis en place un seuil de toxicité chronique, de 230 mg/L, au-delà de laquelle il existe un risque pour la faune aquatique. Ce taux semble de plus en plus souvent dépassé, comme le révèle cette nouvelle étude.

Menée sur 30 sites répartis à travers 19 rivières américaines, elle montre que 9 d’entre eux dépassent ce seuil deux fois plus de jours par an qu’au début des années 1990, soit environ 100 jours de plus en moyenne. C’est dans le nord-est (Milwaukee, Illinois) que le problème est le plus marqué, du fait d’un fort enneigement.

Une hausse même en été

Au total, 16 sites ont vu leur taux de chlore augmenter depuis les années 1960. Et pas qu’en hiver: pour 13 d’entre eux, une augmentation était même observée en été. Selon les chercheurs, le chlore est stocké dans les eaux souterraines peu profondes, puis se libère graduellement au fil de l’an. Particulièrement polluée, la rivière Kinnickinnic, dans le Milwaukee, dépasser le seuil de l’EPA même en été, et ce depuis 2000.

Selon les chercheurs, l’urbanisation peut certes expliquer ce phénomène, mais pas seulement: les ventes de sel ont augmenté 40% plus vite que les villes n’ont poussé depuis la fin des années 1980. En revanche, ces ventes ont suivi de manière très logique la hausse des chutes de neige dans le Midwest: depuis 1990, celui-ci connaît 13% de jours en plus avec 20 mm de neige au sol.

«La faune et la flore vivant en eau douce sont sensibles au chlore, et les concentrations élevées que nous avons trouvées pourraient affecter un nombre important d’espèces», commente Steven Corsi. Selon une étude canadienne, 5% des espèces aquatiques pâtiraient d’une concentration de 210 mg/L, et 10% d’une  concentration de 240 mg/L.



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