Etats-Unis : le risque bioterroriste sous-estimé?

Le 21 septembre 2011 par Romain Loury
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Les Etats-Unis sont insuffisamment préparés à des crises de sécurité sanitaire des aliments de grande ampleur, qu’elles soient liées à des désastres naturels ou à des attaques bioterroristes, selon un rapport du Government Accountability Office (GAO) [1].
 
C’est dans la foulée du 11 septembre 2001 que la Maison blanche s’est inquiétée de ce risque. En janvier 2004, elle a annoncé la mise en place d’un dispositif de réponse, le Homeland Security Presidential Directive 9 (HSPD-9), impliquant les départements de l’agriculture (USDA), de la santé et des services sociaux (HHS), de la sécurité intérieure (DHS) et de l’agence de protection de l’environnement (EPA).
 
Un dispositif qui semble toujours aussi peu opérationnel, juge la GAO dans son rapport. Lors d’une présentation (http://www.gao.gov/new.items/d11946t.pdf) de ce rapport devant le Sénat, la directrice des ressources naturelles et de l’environnement du GAO, Lisa Shames, a jugé que le système agro-alimentaire était «toujours aussi vulnérable aux attaques terroristes, telles qu’une introduction intentionnelle de maladies touchant les animaux ou les plantes, ou la contamination d’aliments».
 
Principale faille, l’absence de «coordination centrale», qui empêche d’appréhender les progrès effectués par les différents acteurs. L’USDA est plus particulièrement visé: pour plusieurs maladies animales, les médicaments et vaccins vétérinaires ne pourraient être rapidement distribués à tous les Etats, c’est-à-dire en moins de 24 heures.
 
Autre faiblesse de l’USDA, les Etats-Unis n’auraient pas la capacité de sacrifier rapidement les animaux si une maladie très contagieuse (telle que la fièvre aphteuse) frappait le territoire. Des officiels de l’USDA «nous ont dit qu’il faudrait 80 jours pour éliminer un seul feedlot [parc d’engraissement intensif] de 100.000 animaux», a indiqué Lisa Shames.
 
Au-delà du bioterrorisme, la réponse aux 28 désastres survenus aux Etats-Unis entre 2007 et mai 2011 (inondations, tempêtes, ouragans) s’est avérée peu satisfaisante, juge le GAO.
 
Lors de l’ouragan Ike, qui a frappé le Texas en 2008, «du temps précieux a été perdu pendant que les responsables fédéraux se demandaient si le nettoyage des corps d’animaux devait être effectué par l’armée ou par l’USDA».
 
Finalement, l’USDA ne s’y est mis qu’après «plusieurs jours», «alors que les carcasses avaient déjà commencé à se décomposer», déplore le GAO.
 
L’agriculture américaine produit l’équivalent de 300 milliards de dollars (213,28 milliards d’euros) par an et emploie 1 personne sur 12, rappelle Lisa Shames. Toute attaque de ce système «peut constituer une menace sérieuse pour l’économie nationale et la santé humaine, et peut interrompre ou freiner le commerce».
 
[1] Equivalent américain de notre Cour des comptes, le GAO est un organe du Congrès en charge de l’évaluation des politiques publiques et du contrôle des comptes.


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